Belize: Hopkins

Jeudi 24 mars 2016. Trajet Orange Walk-Belize City-Hopkins.

Nuit plutôt bonne cette fois grâce à nos boules Quies bien enfoncés dans nos oreilles 😉

A 7h, nous nous rendons à la gare de bus où nous étions arrivés deux jours plus tôt pour essayer d’attraper un bus pour Belize City. La veille, le gars de l’hôtel nous a confirmé que c’était bien à la même gare que nous devions prendre le bus. Mais après 30 minutes, comme aucun bus ne semblait partir pour Belize City, Mister J décide de se renseigner tant bien que mal auprès des locaux. Il y a en fait un autre terminal, temporaire depuis plusieurs années, d’où partent les bus pour Belize City. Pour une si petite ville, deux terminaux, c’est quand même fort !

Lorsque nous arrivons à ce fameux terminal temporaire, à 7h40, le bus avait déjà enclenché la marche-arrière pour s’en aller. Mais nous arrivons à « sauter » dans le bus, qui est plein. Le WE de Pâques approche et de nombreux béliziens voyagent pour se rendre dans leur famille ! Heureusement, nous trouvons chacun une place libre.

Après 1h30, nous arrivons à Belize city, où nous devons changer de bus. Belize City, l’ancienne capitale du Belize, est moche, pauvre et vraiment craignos ; les touristes la fuient et n’y passent généralement que pour changer de bus. Dès notre arrivée dans la gare, nous le ressentons : c’est vraiment glauque ! Nous faisons d’ailleurs très attention à nos affaires car il y a foule ! Nous sommes parqués derrière des grilles (comme en prison) qui comportent 6 portes ; des anciens school bus américains arrivent et repartent chargés à bloc. Comme il n’y a pas de guichet ni d’indication, un gars de la station nous indique la porte 2 pour Hopkins. Le bus devrait arriver dans 15 minutes, à 10h. Il y a déjà une foule bien dense ! En attendant, nous observons comment cela se passe aux autres portes : beaucoup de monde essaie de monter dans chacun des bus ; les gens courent, crient, se bousculent. Nous nous demandons comment nous allons pouvoir monter dans le bus. Nous parlons avec 2 autres touristes qui semblent inquiets et moins bien entrainés que nous. Mister J les rassure : il n’y a pas tant de monde que cela devant notre porte après tout, on devrait pouvoir tous monter. Notre bus arrive, la porte s’ouvre et la foule essaie de monter dans le bus par la porte de devant. Mister J, lui, se jette alors à l’arrière du bus. Par chance, la porte de secours est ouverte et des gens se pressent pour rentrer. Le temps de caser nos gros sacs à dos à l’arrière du bus, tous les sièges étaient déjà pris. Tant pis, nous ferons le trajet debout… Ah mais non, dans ce bus-ci, personne ne peut rester debout. Il faut une place assise ou alors on doit descendre. Et ce n’est pas comme en Inde, où l’accompagnateur fait lever les locaux pour que nous puissions nous asseoir (nous n’aimons pas cette pratique très gênante). Heureusement, un gars avec deux enfants se pousse et met ses enfants sur ses genoux. Miss V peut du coup s’asseoir. Mister J s’assoit par terre mais cela ne convient pas à l’intendant du bus. Du coup, le voisin de Miss V nous explique qu’il faut se serrer comme des sardines avant que le bus parte. Puis, on pourra rester debout ou assis par terre. Il se serre encore plus, Mister J prend la place de Miss V, qui s’assoit, elle, sur les genoux de Mister J. Ça passe (à 5 sur une banquette de 2 !!!) ; on peut enfin partir ! Nous apercevrons les deux autres touristes, qui, eux, n’ont pas pu monter dans le bus… Les pauvres ! Après 15 minutes, Mister J décide de se lever. Ah non, contrairement à ce que nous a dit notre voisin, nous ne pouvons pas nous mettre debout, surtout qu’il y a des contrôles de police en ce WE de Pâques. Oh my God ! Combien de temps allons nous tenir assis comme cela ? Notre trajet devrait durer dans le meilleur des cas 3h30 et, comme c’est un express pour une fois, il ne s’arrêtera quasiment pas. Heureusement, après 1h de trajet, des gens descendent du bus ; Miss V se précipite alors vers une des places libres avant que les gens qui montent dans le bus ne les prennent. Ouf, sauvés !

Mais presqu’arrivés à Hopkins, quelqu’un siffle dans le bus, d’autres tapent pour attirer l’attention de l’accompagnateur de bus… Mais pourquoi ? La porte arrière du bus s’est ouverte et un backpack noir est tombé. Mister J crie « On no, my backpack ! » et Miss V crie la meilleure des exclamations qu‘elle ait apprises à Dublin, « Jayyyzus !». Mister J essaie d’obtenir des infos pour savoir où est tombé le backpack… Il est plutôt loin, on ne le voit plus ; le temps d’arrêter le bus, on a bien fait 1 km ! L’accompagnateur du bus part à sa recherche et un automobiliste l’emmène jusqu’au lieu où le backpack est tombé. Là bas, des touristes qui suivaient le bus en voiture avaient vu le backpack tomber et l’avaient récupéré pour le ramener au bus. Et en réalité, il s’agissait du backpack de Miss V ! Mais plus de peur que de mal : seul le clip qui permet de répartir une partie du poids du sac sur ses hanches est cassé. Il reste la base de la fourche tandis que le réceptacle, lui, a totalement disparu, explosé.

Hopkins: après être tombé du bus qui roulait à vive allure, les 2 côtés du "clips" pour les hanches sont totalement cassés

Hopkins: après être tombé du bus qui roulait à vive allure, les 2 côtés du « clips » pour les hanches sont totalement cassés

Le bus nous dépose gentiment au bord de l’autoroute, à la jonction, à 7km d’Hopkins. Là, deux taxis attendent pour nous conduire au centre-ville. Nous voyant arriver, ils demandent au locaux d’attendre… Nous détestons cela. Mister J demande combien coûte le trajet. 5US$ par personne, répond le chauffeur. Par principe, on ne paie pas les taxis plus cher que 1$ du km ! Nous refusons catégoriquement et commençons à marcher en direction du centre-ville, sans avoir de plan B, juste l’espoir qu’il passe à côté de nous en nous proposant un prix plus bas. Il est 14h, le soleil tape fort et nous avons un sac cassé que Miss V ne peut pas porter bien longtemps avec tout le poids sur ses épaules. Nous ne nous voyons pas marcher 7 kms comme cela. Pourvu que le bluff fonctionne… Un premier taxi, complet, passe à toute vitesse. Mince, nous allons peut-être devoir nous débrouiller autrement…Mais pourquoi sommes-nous venus à Hopkins ? Pourquoi ne pas s’être dirigé vers le Guatemala plutôt ? Moment de doute après toutes les péripéties de ce matin… Le second taxi, par contre, s’arrête à notre hauteur pour nous proposer 6US$ pour deux. Bien que cela soit encore trop cher, nous acceptons, vraiment soulagés. La méthode du « je m’en fous, je vais marcher » fonctionne toujours !

Arrivés à Hopkins, nous sommes aux anges : un petit village (1800 habitants) au bord d’une plage ombragée grâce aux nombreux cocotiers qui courent tout le long de la plage ; pas de plage privée ; et plus de locaux que de touristes dans l’eau. En plus, notre guesthouse est à 100m de la plage. Nous oublions immédiatement nos déconvenues de ce matin ; nous allons passer du très bon temps ici.

Hopkins

Hopkins

Hopkins

Hopkins et le drapeau du Belize

Hopkins

Hopkins

Hopkins

Hopkins

Hopkins: les femmes jouent aux cartes

Hopkins: les femmes jouent aux cartes

Hopkins: notre lodge

Hopkins: notre lodge

Hopkins

Hopkins et sa magnifique plage

Et pas d’inquiétude pour le sac de Miss V, elle a rapidement trouvé un système D : en utilisant ses deux gros mousquetons d’escalade pour fermer la ceinture. Ce n’est pas optimal mais cela la dépannera le temps de retrouver un clip de cette dimension. Cela ne sera pas chose facile…

Hopkins: le système D de Miss V. Y a plus qu'à serrer...

Hopkins: le système D de Miss V. Y a plus qu’à serrer ou à n’utiliser qu’un des mousquetons…

Ici, nous rencontrons les vrais Béliziens, notamment les enfants qui nous approchent et nous assaillent parfois de questions. Un jeune garçon nous montre les milliers de coquillages qu’il a pêché le matin même. Cela se résume à 10 coquillage (qui ressemblent à nos pignons sablais) dans une bouteille d’eau mais lui, il a l’impression d’en avoir attrapé une centaine 😉 Et il secoue la bouteille dans tous les sens. Pauvre pignons ! 😉

Hopkins et ses enfants

Hopkins et ses enfants

Ici, nous découvrons aussi l’anglais créole. Exemple : « Good morning » se dit « Gud mownin ». Nous sommes incapables de les comprendre quand ils parlent entre eux. Heureusement, quand ils nous parlent, ils utilisent l’anglais mais avec un accent pas toujours facile à comprendre. Par ailleurs, ce sont surtout des noirs-africains qui vivent à Hopkins.

Nous rencontrons aussi deux « routardes » québécoises et un Singapourien d’origine indienne vivant à Vancouver et qui n’est autre que le propriétaire du Lodge. Nous papoterons le reste de l’après midi sur la plage à échanger nos expériences avec ces trois personnes. Le Singapourien-Indien-Canadien a un business au Belize, un au Canada, un en Australie, un en Malaisie et un en Chine. Il parle anglais, hindi, malais et chinois. Un vrai businessman mais super sympa et vraiment cool. Le business coule dans son sang, dit-il. Il était venu au Belize en vacances pour quelques semaines et n’est jamais retourné à Vancouver. Il a acheté une maison à Hopkins, l’a transformée en Lodge et a développé son business ici. Cela fait 10 mois. Mais il se rend compte qu’il a beaucoup trop de business à gérer ; il veut vendre son Lodge à Hopkins et retourner à Vancouver.

Hopkins

Hopkins

 

Vendredi 25 mars 2016. Plage à Hopkins

Après une bonne nuit de sommeil bien reposante, nous prenons le petit-déjeuner sur la terrasse avec un seul planning pour la journée : PLAGE. Nous rêvons de repos, de baignade et de lecture depuis quelques jours. C’est le moment, c’est l’instant !

Hopkins: à notre lodge, après le petit-déjeuner. La vie est belle...

Hopkins: à notre lodge, après le petit-déjeuner. La vie est belle…

Une belle mer bleue, une plage propre, du soleil, une brise, pleins de cocotiers, quelques chiens, des oiseaux (pélicans, goélands, etc.) et des locaux tout autour de nous, que demander de plus ? Après notre déception à Tulum, cela nous réconcilie avec la plage, la vraie plage locale !

Hopkins

Par un beau matin à Hopkins…

Hopkins

Hopkins et ses enfants

Hopkins

Hopkins

Hopkins

Hopkins et ses enfants

Hopkins

Hopkins et ses oiseaux

Hopkins

Hopkins et ses oiseaux

Après quelques instants de repos sur la plage, est survenue une explosion. Une attaque terroriste ? Nooon, des américains qui voulaient faire griller du pain dans le four au gaz de leur bungalow… Ils ont allumé le gaz dans le four, sans allumer le feu, et avaient aussi de l’eau en train de bouillir sur la gazinière. Quand l’Américain a ouvert la porte du four après une bonne demi-heure, le gaz s’est enflammé (grâce à la gazinière) et a explosé. Plus de peur que de mal ; il était en état de choc mais n’a perdu que les poils d’une de ses avant-jambes et a gagné une brûlure superficielle ! Sa copine, elle, sursautant, a fait valsé sa tasse de café, qui s’est écrasée par terre. Ah c’était donc ça, le bruit de verre cassé 😉

L’après-midi, nous papotons avec deux de ces américains, la mère et la fille. Nous apprenons, à notre grande surprise, qu’elles aiment voyager comme des routardes : parler aux locaux, prendre les transports en commun, vivre local, manger local. Pour des Américains, ce n’est pas commun. La fille a fait du volontariat en tant qu’institutrice pendant 2 ans dans un coin reculé de Namibie et sa maman est venue la rejoindre pendant 1 mois comme volontaire également. Elles ont trouvé cela génial. Nous supposons que c’est ce qui leur a donné le goût de voyager comme des routardes. L’année passée, la fille, qui a par ailleurs notre âge, a voyagé toute seule au Nicaragua et a beaucoup apprécié ce pays. Sa maman, elle, aimerait voyager en Asie et nous a posé plein de questions. Toutefois, depuis 6 ans, elle est maman d’accueil d’un petit garçon de 9 ans et doit donc reporter ses grands projets de voyage en Asie à plus tard. Voilà des américains vraiment atypiques : ils détestent les complexes hôteliers et veulent voyager par eux-mêmes ! Rare, mais intelligent (sauf pour le gaz). Enfin, le gaz, ce n’était elles ; c’était le copain de la fille, qui n’est pas habitué au gaz 😉

Tiens, le Jeudi Saint, ils l’appellent logiquement « Holy Thursday », mais savez-vous comment ils appellent le Vendredi Saint? Le « Good Friday »! Et ce jour-là, pas facile de trouver un restaurant ouvert…

Hopkins

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