Cambodge: Phnom Penh

Vendredi 22 janvier 2016. Trajet de Kampot à Phnom Penh et courte visite de Phnom Penh.

Notre minibus part à 8h, ce qui nous laisse le temps, pour une fois, de prendre un petit-déjeuner avant un trajet en bus. Nous sommes les seuls étrangers dans ce minibus à destination de Phnom Penh, la capitale 😉 Le trajet se passe très bien car la route est plutôt bonne. Du coup, Miss V dormira une bonne partie du trajet 😉

Arrivés à Phnom Penh, une bonne dizaine de tuk-tuk nous attendent et nous sautent dessus, nous les seuls touristes ! Manque de bol pour eux, nous sommes à 1,5 km du quartier des guesthouses que nous avons choisi. Nous marcherons ! Nous avons un gros flash-back de New Delhi : à chaque coin de rue, on nous interpelle « Hello ! Tuk-tuk ? ». A la fin c’est, Mister J qui commence à les interpeller « Hello ! Tuk-tuk ? ». Cette fois-ci, nous n’avons pas choisi le quartier routard mais un nouveau quartier d’hôtels en majorité chinois et moins chers. Le quartier est un peu moins sympa, il n’y a quasiment pas d’agences ni de restaurants mais au moins les prix des hôtels sont tout à fait abordables (8€) et il se trouve tout près du musée S21, la seule chose que nous voulons absolument voir dans cette capitale.

Phnom Penh: notre quartier

Phnom Penh: notre quartier

A midi, nous nous arrêtons au hasard dans un restaurant. Décor plutôt soigné, la carte ne comporte que 6 plats en photos, chacun pour 2€ boissons comprises. Impossible de savoir ce que c’est exactement, car personne ne parle anglais 😉 Nous choisissons au pif, Miss V une soupe (qui au final ressemble plus à un bœuf bourguignon) et Mister J un bœuf Lok Lak. Ce fut finalement très bon et très bon marché.

L’après-midi, nous nous rendons au marché couvert de Phnom Penh, un des plus grand d’Asie. Construit par les français à la période du protectorat, c’est un bâtiment atypique posé au milieu de la ville. Fruits, légumes, poissons, viandes, bijoux, casseroles, papeterie, habillement… On y trouve de tout.

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh: le Marché Central

Phnom Penh et sa circulation

Phnom Penh et sa circulation

En fin d’après-midi, nous partons à la recherche de ticket de bus pour se rendre après-demain à Ho Chi Minh Ville au Vietnam. Étrangement, notre guesthouse ne vend pas de ticket de bus ; c’est bien la première fois que cela nous arrive… Mister J s’est alors renseigné sur internet sur les différentes compagnies de bus et nous partons vers le quartier routard près de la rivière. Bingo, nous trouvons celle qui avait de bons commentaires sur internet. Oui mais…notre hôtel se trouve trop loin, donc pas de pickup possible. Zuuut, ça tombe à l’eau ! Nous retournons alors dans notre quartier mais il n’y a quasiment pas d’agences et elles ne veulent pas nous vendre de tickets pour la/les compagnies que nous avons sélectionnées. C’est bien la première fois que nous avons autant de mal à trouver des tickets de bus. Il commence à faire noir ; Phnom Penh n’étant pas toujours très sure le soir, nous verront cela demain.

Phnom Penh: interdiction de stationnement pour les tuk-tuk

Phnom Penh: interdiction de stationnement pour les tuk-tuk

Phnom Penh, sa rivière et le Mékong

Phnom Penh, sa rivière et le Mékong

Phnom Penh

Phnom Penh

 

Samedi 23 janvier 2016. Visite du musée S21.

Ce matin, nous repartons à la recherche de ticket de bus. Grâce à internet, Mister J a repéré une compagnie de bus bien côtée qui ne se trouve pas trop loin de notre hôtel. Let’s goooo. Croisons les doigts… Verdict ? Non seulement, le prix du trajet est un des plus bas (10€) mais en plus, ils sont super sympas ! Wouhouuu.

Maintenant que nous avons les tickets de bus, nous pouvons enfin nous rendre au musée S21. Après la Maison d’Anne Franck à Amsterdam, le Musée de la RDA à Berlin et le Musée de la Terreur à Budapest, nous sommes aux portes du Musée du Crime Génocidaire (dit S21) à Phnom Penh. Nous visitons assez peu de musée (pas trop notre tasse de thé) mais ceux-là, nous nous faisons un devoir de les visiter. Et puis, surtout, cela nous intéresse vraiment. Nous voulons connaître ce qui s’est passé, essayer de comprendre l’incompréhensible et surtout ne pas oublier…jamais !

Phnom Penh: le musée S21

Phnom Penh: le musée du Crime Génocidaire

En quoi consiste ce musée S21 ? C’est un ancien lycée français qui avait l’air somme toute plutôt sympathique mais qui a été reconverti en prison par les Khmers Rouges à leur arrivée au pouvoir en 1975. Cette prison, appelée S21 ou Tuol Sleng (Colline empoisonnée), est la plus connue de toutes les prisons disséminées dans tout le Cambodge par les Khmers Rouges.

Phnom Penh: le musée S21

Phnom Penh: le bâtiment A de la prison S21

Phnom Penh: la potence de la prison S21

Phnom Penh: la potence de la prison S21 était à l’origine destinée à la gymnastique au lycée

Pour donner un peu de contexte : en 1975, les américains sont enlisés dans leur guerre au Vietnam. De nombreux Vietcongs passaient par le Laos se réfugiaient au Cambodge pour échapper à l’armée américaine et pour se rendre au sud du Vietnam américain afin de commettre des attentats. C’est ce que l’on appelle la piste Ho Chi Minh. Les américains ont alors décidé de bombarder lourdement le Cambodge (et le Laos) pour débusquer ces Vietcongs. Mais en réalité, c’est la population cambodgienne, particulièrement à la campagne, qui en a le plus souffert. Les cambodgiens se sont réfugiés dans les grandes villes, plutôt épargnées par les bombardements. Les Khmers rouges vont tirer parti de cette situation désastreuse pour renverser le gouvernement réputé pro-américain qui était en place. La joie du peuple, plutôt favorable aux Khmers Rouges qu’ils voyaient comme des libérateurs, n’a duré que quelques heures. A peine arrivés au pouvoir, prétextant un bombardement américain, ils vident la capitale Phnom Penh de tous ses habitants pour les conduire à la campagne et les mettre au travail dans les rizières.

Les riches et les intellectuels, eux, sont déclarés ennemis du parti. Il suffit de porter des lunettes, posséder un stylo ou avoir les mains un peu trop propres pour être qualifié d’intellectuel. Mais attention, pas question d’exécuter les gens sans preuve de leur culpabilité. Il faut donc leur faire avouer leurs crimes (qu’ils n’ont bien sûr pas commis), qu’ils dénoncent leurs supposés supérieurs, etc. Tout cela se passe sous la torture dans les prisons secrètes comme S21 ; un lieu particulièrement horrible où il est difficile d’imaginer ce que les prisonniers pouvaient endurer et ressentir. Et c’est seulement lorsque les aveux sont convaincants que le prisonnier est tué. Mais attention, il ne faut surtout pas qu’ils meurent avant d’avoir tout avoué sinon le dossier est perdu… On ne compte que 7 survivants de S21. Ce sont leurs compétences (peintre, mécanicien), dont les Khmers Rouges avaient besoin, qui les ont sauvés. La paranoïa de ces communistes khmères, qui finissent au final par tous s’entretuer et s’accuser les un les autres de trahisons (seuls ¼ des leaders Khmers rouges étaient encore en vie 4 ans après) a tout de même quelque chose d’ironique.

Phnom Penh: la prison S21 et ses bourreaux

Phnom Penh: la prison S21 et ses bourreaux, souvent très jeunes et non-éduqués.

Phnom Penh: la prison S21 et ses victimes

Phnom Penh: la prison S21 et ses victimes, de tous âges, sexes, nationalités, confessions religieuses.

Phnom Penh: le musée S21

Phnom Penh: le bâtiment B de la prison S21

Phnom Penh: les cellules individuelles (ou à 2) de la prison S21

Phnom Penh: les cellules individuelles (ou à 2) du bâtiment B de la prison S21

Phnom Penh: les cellules individuelles (ou à 2) de la prison S21

Phnom Penh: les cellules individuelles (ou à 2) du bâtiment B de la prison S21

Phnom Penh: des barbelés pour éviter les suicides

Phnom Penh: les cellules individuelles (ou à 2) du bâtiment B de la prison S21

Phnom Penh: "Never will we forget the crimes committed during the Democratic Kampuchea regime"

Phnom Penh: « Never will we forget the crimes committed during the Democratic Kampuchea regime »

Bref, la visite fut fort intéressante et nous a beaucoup marqués. Comptez sur nous pour ne pas non plus manquer le Musée de la Guerre du Vietnam à Ho Chi Minh Ville, notre prochaine destination.

Autre petite précision : autrefois considérée comme la plus belle capitale du sud-est asiatique mais en grande partie détruite par les Khmers Rouges, Phnom Penh est désormais plutôt moche, sale et il n’est pas vraiment agréable de s’y déplacer à pied. Le seul intérêt réel (et pas des moindres) que nous y ayons trouvé est ce fameux musée S21. Rien que pour cela, il faut y aller !

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