Cuba: Varadero

Samedi 27 février 2016. Trajet de Trinidad à Varadero.

Arrivés à Varadero après 6h de bus, personne ne nous attend à la gare de bus comme convenu. Nous décidons alors de nous rendre à pied à la Casa Particular que nous avions réservée via l’agence Infotur (puisque notre casa de Trinidad n’en n’avait pas trouvé de libre, ce qui nous avait un petit peu fait flipper). Sur le chemin, une voiture s’arrête à notre hauteur : « Géronimo? » Si si, c’est pour nous 😉 Le gars qui devait venir nous chercher à la gare de bus était en retard et nous montre alors le chemin de « sa » Casa Particular. La propriétaire a l’air embêtée car sa casa est complète mais elle nous revend à son voisin pour 25$ la nuit (nous avons compris les discussions) alors que nous payons 35 $ par nuit. Explication : il y a 5$ de commission prise par l’agence de voyage Infotur, plus les 5$ de commission prise par la propriétaire de la Casa Particular qui est complète.  La chambre est grande et plutôt propre ; ça nous convient. Lorsque nous demandons si nous pouvons prendre le petit-déjeuner à la casa, notre logeuse nous répond que nous devrions pouvoir le prendre chez sa voisine dont la casa est complète. Par contre, pas de repas du soir. Ah bon ? De toute façon, comme personne ne nous demande quoi que ce soit et ne s’intéressent à nous, cela signifie pour nous qu’elles gagnent suffisamment d’argent comme cela et nous décidons donc de nous débrouiller seuls pour manger le matin.

Le soir, nous décidons de tester un restaurant bien côté : il s’appelle Salsa Suarez, n’est pas bon marché, mais c’est un de ces nouveaux restaurant privé qui essaie de faire une cuisine internationale avec pas mal de succès. Un vrai délice !

Varadero: poisson et poulpe

Varadero: poisson et poulpe

Varadero: les bons flans cubains

Varadero: les bons flans cubains

Varadero

Varadero

Là, nous rencontrons deux jeunes Québécoises dont l’une revient à Varadero pour la 15e fois. Nous lui demandons si elles ont visité autre chose à Cuba. Non, elles restent juste une semaine à Varadero dans un hôtel pas trop cher pour pouvoir s’offrir quelques bons restaurants comme celui-ci (plutôt que de manger la nourriture de l’hôtel). Ce n’est pas du tout notre manière de voyager mais pourquoi pas ?! Toutefois, notre tour du monde les fait rêver…

 

Dimanche 28 février 2016.  Premier jour à Varadero.

Comment décrire Varadero ? C’est une presque-île de 20 kms de long et 1km de large qui s’enfonce vers la mer. Varadero possède une magnifique plage de sable blanc qui s’étend sur 20 kms de long. A un bout de Varadero, il y a la ville, un peu moche, où se trouvent les casa particulares (donc où nous logeons). A l’autre bout, des luxueux hôtels all-inclusive où les superlatifs et les tarifs s’envolent. Et tout cela brasse une quantité de touristes impressionnantes qui font la crêpe toute la journée et profitent des cocktails à volonté de leurs hôtels. Beaucoup d’entre eux ne voient certainement rien d’autre de Cuba ; mais nous ne le diront jamais assez, il en faut pour tous les goûts !

Varadero

La plage de Varadero et ses kitesurfs

Varadero

La plage de Varadero

Au final, du côté ville, la plage est sympathique. Nous trouvons un petit coin d’ombre et pas bondé du tout où nous installer pour profiter de la plage. Que cela fait du bien de se reposer de temps en temps devant une si belle mer !

Varadero

La plage de Varadero

Varadero

La plage de Varadero

Varadero

La plage de Varadero

En fin d’après-midi, arrive un couple de retraités belges qui a loué une voiture et voyage depuis 1 mois à Cuba. Ce sont des voyageurs au long cours et ont d’ailleurs voyagé 3 mois en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Chose étrange, ils n’ont pas aimé le Laos mais ont adoré la Thaïlande. C’est bien la première fois que nous entendons ça ; d’habitude, c’est le contraire : les gens trouvent que la Thaïlande est beaucoup trop touristique et le Laos beaucoup plus authentique. Eux, ils ont trouvé que la Thaïlande, c’était génial, super facile d’y voyager alors qu’au Laos… Bizarre. Ce ne sont peut-être pas de vrais routards après tout, qui sait…Allez, ne soyons pas médisant, il en faut pour tous les goûts ! Et que pensent-ils de Cuba alors? Ils trouvent que c’est surfait et qu’ils n’ont pas réussi à voir le vrai Cuba. Tiens, tiens, ce n’est pas la première fois que nous entendons cela ; nous en reparlerons plus loin dans cet article…

Le soir, nous testons un des restaurants d’état de Varadero et, pour la première fois, prenons chacun un cordon bleu. Excellent choix ! Même en France ou en Belgique, ils ne sont pas toujours aussi bon. Par contre, pour l’accompagnement, c’est comme d’habitude : du riz aux haricots rouges 😉

 

Lundi 29 février 2016. Journée loose ou galères.

Nous terminons notre séjour à Cuba comme nous l’avons commencé : par une journée loose ou galères. La boucle est bouclée, il est temps de quitter Cuba 😉

Comme on nous avait indiqué que les horaires de bus pour l’aéroport de La Havane n’étaient connus qu’un jour à l’avance, nous nous rendons à l’agence de voyage vers 9h. Après plusieurs coups de fil, l’employée de l’agence nous annonce que, pour l’instant, il n’y a pas de bus prévu pour l’aéroport, que la programmation finale ne sera connue qu’à 11h et que nous devons donc repasser plus tard.

Nous nous rendons alors à une autre agence de voyage mais elle n’a pas non plus de bus prévu pour l’aéroport le lendemain. L’employée de l’agence téléphone alors à 3 autres agence de voyage et nous annonce qu’il n’y a qu’un bus programmé à 11h, donc trop tard pour nous car notre vol est à 15h… Elle nous conseille alors de repasser en fin de matinée à la première agence que nous avions consultée. Suspens…

Varadero

Varadero: le saut du bonheur (version masculine)

Varadero

Varadero: le saut du bonheur (version féminine)

Nous profitons donc d’une belle matinée à la plage et vers 13h, nous retournons à la première agence de voyage. Après plusieurs coups de fil, elle nous confirme que, malheureusement, il n’y a pas de bus qui parte assez tôt pour nous. Seule autre option (en dehors de l’auto-stop) : un taxi, qui coute 120$ pour 2h30 de trajet. Nous retournons à la deuxième agence, où le prix d’un taxi est légèrement moins cher, 100$. L’employée nous indique qu’entre-temps, elle a été informée qu’un bus partait aujourd’hui-même à minuit pour l’aéroport mais que nous devrions alors attendre à l’aéroport pendant…12h ! Euuuh, c’est bien gentil mais non merci ! N’ayant pas le choix, nous réservons ce taxi à 100$, soit le double du trajet en bus. Grrrr.

Nous décidons ensuite d’aller manger. Il faut quand même dire un mot sur les restaurants à Cuba. Ils sont très inégaux et il y en a 2 types : les restaurants d’état et les restaurants privés. Dans les restaurants d’état, il y a, en général, le choix entre du porc, du poulet et du poisson. Le tout est invariablement servi avec du riz aux haricots rouges et d’une toute petite salade composée de choux, de 2 rondelles de tomates, et de 3 rondelles de concombre. Niveau dessert, le choix se limite souvent à 2 boules de glace ou un flan. En général, c’est assez bon marché à défaut d’être très bon. Disons que c’est un peu comme un service public : on y va car on en a besoin pour s’alimenter mais on n’y va pas pour se faire plaisir. Dans certains, il faut carrément imaginer un restaurant tenu par des fonctionnaires de la sécurité sociale : pas de sourire, aucune efficacité, rien de disponible sur une carte déjà peu fournie. Pour d’autre, cela peut être une réelle bonne surprise.

Depuis quelques années, des restaurants privés sont apparus. Il y a ceux qui copient les restaurants d’état (ce qui n’aide pas au niveau du choix des plats…) et ceux qui tentent de se différencier, mais ils sont en général beaucoup plus chers et souvent bondés, et donc rarement une option pour nous. Du coup, quand nous cherchons un restaurant, c’est un peu la galère ; et quand nous en tenant un bon, nous avons tendance à y retourner régulièrement.

Ce midi, pour notre dernier jour, nous décidons de manger dans le seul restaurant de la ville que nous aimons bien : le fameux Salsa Suarez, qui est un peu cher mais innovant. Malheureusement, ce midi (enfin il est déjà 14h), le restaurant est entièrement réservé pour un groupe ; nous ne pouvons donc pas y manger. Nous repassons devant le restaurant d’hier midi mais ne nous y arrêtons pas car nous savons délibérément qu’il n’y aura que 3 plats de la carte encore disponibles. Nous décidons alors d’aller manger une pizza dans une restaurant italien indiqué dans le guide mais…suspens…il est fermé ! Grrrr. Nous retournons donc, comme tout le monde, dans un de ces restaurant d’état qui sert de la nourriture pour vous nourrir, pas forcément pour faire plaisir à vos papilles. Vu l’offre limitée de restaurants, celui-ci est bien sûr bondé, et le service n’étant pas très efficace…

Bref, avec ces galères pour trouver un bus et un restaurant, nous retournons à la plage à 15h (soit 3h après l’avoir quittée 😉 et profitons un maximum de ces dernières heures de repos devant cette mer magnifique.

Varadero

Varadero

Le soir, vers 18h30, nous voulons acheter de l’eau dans le seul petit magasin encore ouvert mais, comme par hasard, il n’y a que des petites bouteilles et aucun prix n’est affiché ; c’est à la tête du client. Verdict à la caisse : 1,5$ la petite bouteille d’eau, ce qui est normalement le prix d’une grande. Et comme nous en avons acheté 3, la caissière s’est fait un beau pourboire. Mais comment est-ce possible ? Il suffit de ne pas scanner le code-barres du produit et d’entrer le prix désiré à la main. Ça nous est souvent arrivé. Et c’est à prendre ou à laisser. Ils savent bien qu’on galère à s’approvisionner donc ils en jouent.

Nous allons ensuite manger au restaurant. Nous demandons 4 fois l’addition mais ne la recevons toujours pas. Mister J se rend alors directement au comptoir pour payer. Étrange, le total est légèrement plus élevé que ce que nous avions estimé. Il se rend alors compte après coup que le prix de sa bière a été multiplié par 3. Ça aussi c’est courant à Cuba ! Ils savent bien qu’on ne regarde pas toujours le détail de la note, ou que l’on ne se souvient plus du prix indiqué sur la carte. Nous avons eu le cas avec le prix de deux cafés qui avait été doublé (2$ au lieu de 1$). Au final, cela ne représente pas beaucoup mais nous trouvons ces pratiques particulièrement détestables. Ces notes « gonflées » pour les touristes, sorte de pourboires forcés, nous montrent à quel point certains Cubains prennent les touristes pour des vaches à lait. Nous avions rarement ressenti autant cela qu’ici. Nous sommes vraiment sensibles à la difficulté que peuvent avoir certains Cubains face au coût élevé de la vie sur l’île et, depuis notre arrivée à Cuba, nous laissons de bons pourboires (entre 10 et 15%), mais quand ils font exprès de gonfler la note, cela nous met en rage. Grrrr.

 

Mardi 1 mars 2016. Vol de La Havane à Mexico City.

Après 2 h de taxi, nous voilà à l’aéroport de La Havane un peu trop en avance. Pendant ces deux heures de taxi, nous avons eu la chance de réécouter les chansons anglophones des années 90  et donc de notre (pré-)adolescence : « What is Love » de Haddaway, « This is the Rythm of the Night » de Corona, « Freed from desire » de Gala, « Blue (Da Ba Dee) » de Eiffel 65, etc. 😉 On est bien en 2016, non ? Ah oui, j’oubliais, nous sommes à Cuba ! Et selon le notre chauffeur de taxi, « Varadero es el paradisio de Cuba ».

Pour la première fois, nous sommes plutôt contents de quitter un pays. Une chose que l’on ne pensait jamais écrire : la société de consommation nous manque ! Avoir des restaurants où la majorité des plats de la carte sont disponibles, trouver des bus facilement, retrouver des biscuits corrects, ou du jus de fruit autre que du nectar ; oui, tout cela nous manque !

Nous avons vraiment apprécié notre séjour à Cuba, il y a des paysages magnifiques, des gens sympathiques et souriants, et nous avons tellement appris de leur mode de fonctionnement. Inversement, nous avons été fortement déroutés par leur système de consommation et déçus de voir leur totale dépendance vis-à-vis du tourisme. Le tourisme est un acteur trop important de leur économie, et par conséquent, Cuba nous montre ce que le touriste veut voir : de la musique, des cocktails, des bonnes histoires de Che Guevara. Mais la réalité est masquée, et malgré tous nos efforts, nous ne sommes pas certains d’avoir vraiment tout compris à la société cubaine actuelle. Et puis il y a eu ces enquiquinements, ce système quasi mafieux qui fait en sorte que les touristes dépensent le plus de CUCs possibles sur l’île, parfois sans aucun remords. Après tout, le touriste est richissime, peut payer les toilettes 1$ lorsqu’il a vraiment envie d’y aller, la petite bouteille d’eau 2$ s’il a vraiment soif, le sandwich 6$ s’il a vraiment faim ou le taxi 100$ s’il doit vraiment aller à l’aéroport. Mister J appelle cela le « racket organisé des touristes ». Ceci dit, visiter Cuba vaut vraiment la peine mais il faut y aller maintenant, avant l’invasion américaine, et il faut aussi y aller en connaissance de cause : y voyager en routard n’est pas des plus simples, tout – absolument tout – est cher, le côté surfait des quartiers touristique peut en décevoir certains, etc.

Alors ce vol de retour ?  Nickel chrome, il s’est beaucoup mieux passé qu’à l’aller ! Au lieu d’un siège et demi pour deux, nous avons eu droit à trois sièges pour deux (soit le double de l’aller) car l’avion n’était pas du tout complet. Wouhouuu !

Dès notre arrivée à notre appart-hôtel à Mexico City, nous fonçons vers le supermarché pour faire nos courses pour les petit-déjeuners et les repas du soir. Vous n’imaginez pas le bonheur intense que nous avons ressenti lorsque nous avons retrouvé ce vrai supermarché où nous avions l’embarras du choix ! 😉 Et quel bonheur aussi après deux semaines et demi de pouvoir se cuisiner une grosse casserole de légumes !

 

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