Honduras: Tegucigalpa

Mardi 19 avril 2016. Trajet Copan-San Pedro de Sula-Tegucigalpa…ou une journée interminable de bus.

Après un bon petit-déjeuner préparer par notre logeuse bien aimée (même si elle a une voix de poissonnière qui résonne dans tout l’hôtel ;-)), nous nous rendons à la gare routière pour prendre un bus première classe à destination de Tegucigalpa, la capitale du Honduras. Le bus coute 35€/personne, ce qui n’est pas donné ici. Mais nous préférons payer un peu plus cher pour des compagnies un peu plus sérieuses. Nous devions partir à 11h, arriver à San Pedro à 14h avec 1h de pause pour changer de bus et arriver à 18h20 à Tegucigalpa, où nous avons réservé un hôtel. Nous aurions préféré arriver un peu plus tôt car Tegucigalpa, comme beaucoup de grandes villes d’Amérique Centrale, est dangereuse mais il n’y avait pas d’autre bus.

En réalité, la journée ne s’est pas du tout passée comme cela. Nous partons à 11h30 ; bon, une demi-heure de retard, ce n’est pas très grave. Oui mais…le bus ne semble pas aller très vite. Tiens, tiens, il s’arrête au bord de la route après 2h de trajet. Mister J regarde sur son téléphone, il est déjà 13h30 et nous n’avons pas même pas fait la moitié du premier trajet ! Les 2 chauffeurs et l’attendant du bus regardent le moteur à l’arrière en se grattant la barbichette… Mauvais signe ! Visiblement la courroie de refroidissement qui entraine le ventilateur a cassé. Heureusement, ils en ont une de rechange. Ils mettent 1h pour la changer. On repart mais à 30 km/h seulement. Le bus s’arrête à nouveau au bout de 30 minutes, et rebelote, les gars se frottent le menton en regardant le moteur… La courroie devait être mal mise ; un des roulements à billes à casser. Certains voyageurs essaient de leur faire comprendre qu’il faut faire venir un autre bus. D’autres abandonnent, prennent leurs valises et attrapent un chicken bus qui passe par là. De notre côté, nous nous apercevons qu’il est déjà 15h et que nous avons loupé notre correspondance prévue à 14h50 à San Pedro…

Trajet Copan-Tegucigalpa: la boisson la plus dégueulasse que Mister J aurait pu choisir ! Lui qui croyait que c'était de l'eau de Jamaica ;)

Trajet Copan-Tegucigalpa: la boisson la plus dégueulasse que Mister J aurait pu choisir ! Lui qui croyait que c’était de l’eau de Jamaica 😉

 

Finalement, une pin-up (minishort/top de sa petite sœur/ongles méga-manucurés) sort du bus et va voir le moteur. Elle explique aux gars qu’on peut se passer de ce roulement à bille ; il suffit de faire passer la courroie là et là… Les gars rigolent. Puis, elle montre une photo sur internet… Les gars rigolent moins ! Ils ont peut-être bien la solution entre leurs mains. Ni une, ni deux, au travail et voilà qu’on est reparti à bonne allure. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine 😉

Nous arrivons enfin à San Pedro à 17h, soit avec 3h de retard… Pour notre connexion, ils ont un bus à 18h30 pour Tegucigalpa ! En attendant, Mister J appelle l’hôtel que nous avons réservé pour expliquer que nous arriverons entre 22h et 23h à cause d’un problème de bus. La réceptionniste confirme qu’il n’y a aucun problème. Ouf, ce n’est franchement pas le genre d’endroit où nous voudrions nous retrouver à la rue à 22h.

Finalement, un gars nous dit que nous pouvons embarquer plus tôt dans un bus qui a du retard et qui part à 18h. Selon lui, on devrait alors arriver à 21h30. Ni une ni deux, nous embarquons ; trente minutes, c’est toujours cela de gagner. Mister J s’inquiète quand même des bagages… Heureusement car ils se trouvaient dans l’autre bus, celui qui part à 18h30 !

Le trajet se passe plutôt bien mais pas sûr que nous ayons fait une affaire en prenant le bus de 18h plutôt que celui de 18h30. En effet, le bus de 18h n’a pas de toilette, pas de place pour les jambes, il ne roule pas très vite et il n’y a d’ailleurs que des locaux dedans. Nous arriverons finalement à 22h45, soit avec 4h de retard sur le planning initial et…5 minutes après le bus de 18h30 ! Mas vale tarde que nunca !

Vu la réputation de la capitale du Honduras (craignos) et l’heure (très) tardive à la quelle nous arrivons, nous prenons un taxi sans hésiter. Après quelques négociations, le prix de la course passe de 20$ à 5$, ce qui est encore trop cher pour 3kms et un taxi tout pourri mais bon ! Le taxi nous dépose devant l’hôtel à 23h00 et se barre tout de suite, sans attendre que l’on nous ouvre. Sympa ! Nous nous retrouvons donc seuls dans la rue en pleine nuit à sonner à l’hôtel, mais personne ne semble répondre… Autant dire qu’à cet instant, nous devenons légèrement paranos et nous sentons vraiment seuls au monde. Quelques voitures ralentissent en arrivant à notre hauteur et une moto s’arrête carrément en plein milieu de la rue pour nous regarder… On fait quoi s’ils ne nous ouvrent pas ? Nous préférons ne pas y penser, cette option n’est pas envisageable ; ils vont nous ouvrir, un point c’est tout ! La pensée positiiive, la meilleure des solutions 😉 Il ne leur faudra que 5 minutes pour nous ouvrir, mais cela paraît bien long quand on est dans une rue quasi déserte à 23h en Amérique Centrale…

Le patron est super sympa mais d’une lenteur ! Il lui faudra un temps fou pour trouver du papier pour scanner et imprimer nos passeports ainsi que remplir divers documents. Ce n’est pas comme s’il était super tard, que nous avions des heures de bus dans les jambes et super envie de dormir 😉 Après une petite demi-heure, nous prenons enfin possession de notre chambre et nous couchons dès que possible, vers 1h du matin 😉 Demain nous découvrirons la ville !

 

Mercredi 20 avril 2016. Visite de Tegus.

Comme toutes les grandes villes d’Amérique Centrale, Tegucigalpa (Tegus pour les intimes)  est réputée craignos ; nous prenons donc des précautions pour ne pas avoir à sortir le soir et pour ne pas nous balader avec des objets de valeur sur nous. Oui, d’habitude, nous ne laissons jamais d’objets de valeur dans notre chambre, mais il y a des endroits où il est plus sûr de les laisser dans la chambre que de sortir avec. Nous laissons donc ordinateurs, passeports, carte bancaire et Kindle dans nos gros sacs bien cadenassés. Surtout qu’habituellement, nous ne sommes pas les seuls touristes dans la ville : il y a toujours un ou deux Américains qui prennent des photos avec des Ipads ou qui portent des colliers de perles, et cela nous rassurent car on se dit qu’on ne sera pas les cibles privilégiées.

Mais à Tegus, nous ne croisons aucun autre touriste ! Pire, lorsque nous marchons vers le centre ville historique, nous sentons que les habitants arrêtent leur activité pour nous regarder passer. Sensation étrange… Sommes-nous retournés en Inde ? 😉 Nous avons tout de même eu droit à quelques « buenos dias », qui font toujours plaisir.

Les voitures font également peur, elles ont quasiment toutes les vitres fumées, ce qui ajoute beaucoup de mystère sur les occupants des voitures…

Tegucigalpa est décrite dans le Lonely Planet comme « une ville où peu de voyageurs restent assez longtemps pour l’apprécier. Mais si vous y passez, vous y découvrirez son architecture coloniale, une jeune scène musicale et artistique dynamique. » Autant dire que nous avions l’eau à la bouche… Quelle déception ! En tout cas, nous sommes passés totalement à côté de son charme. La cathédrale est jolie, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il y a aussi une rue piétonne bordée de magasins (qui ne donnent pas vraiment envie) et remplie d’étudiants en uniforme pendant la pause de midi. Par contre, nous n’avons pas trouvé l’architecture coloniale, à part le restaurant dans lequel nous avons mangé à midi, et franchement, nous n’avions pas envie de trop flâner dans cette ville. A tort peut-être…  Nous allons plutôt profiter de notre chouette hôtel pour nous reposer.

Tegucigalpa: la Plaza Morazan et la statue de Francisco Morazan

Tegucigalpa: la Plaza Morazan et la statue de Francisco Morazan

Tegucigalpa: la cathédrale Saint Michel Archange

Tegucigalpa: la cathédrale Saint Michel Archange

Tegucigalpa: rue piétonne décorée avec des bouteiles en plastique dans lesquelles différents liquides colorés ont été versés. Fallait y penser !

Tegucigalpa: rue piétonne décorée avec des bouteilles en plastique dans lesquelles différents liquides colorés ont été versés. Fallait y penser !

Tegucigalpa: la Plaza Morazan et sa cathédrale

Tegucigalpa: la Plaza Morazan et sa cathédrale

Heureusement, l’hôtel dispose d’une cuisine que nous pouvons utiliser. Nous en profitons donc pour faire quelques courses l’après-midi au supermarché du quartier et cuisiner le soir à l’hôtel. Deuxième mesure de précaution 😉

 

Jeudi 21 avril 2016. Ce qui aurait dû être une journée repos à Tegus…

Aujourd’hui, nous n’avons pas vraiment envie de mettre le nez dehors ; nous préférerions lire, écrire, etc. Pardon Tegus, mais nous ne t’aimons pas tant que ça, et nous avons hâte de rejoindre le Nicaragua dont nous avons entendu beaucoup de bien !

Après avoir pris notre petit-déjeuner, nous décidons de demander à la patronne de nous réserver un bus pour demain à destination de Léon au Nicaragua. Oui mais pour cela, elle doit donner notre numéro de carte bancaire par téléphone… Hors de question ! Si elle est piratée, nous serons certes remboursés par l’assurance mais nous serons bien embêtés pour en récupérer une nouvelle ! Nous devons donc aller à l’agence… Nous connaissons beaucoup d’autres pays (quasiment tout ceux que nous avons parcourus) où ils seraient allés chercher les tickets de bus pour nous moyennant une commission mais ici, nous devons nous débrouiller tout seuls  🙁

Tegucigalpa: "panqueques con crema", le petit-déjeuner du jeudi à notre hôtel. Pour ceux qui n'aime pas la chantilly, c'est foutu ! ;)

Tegucigalpa: « panqueques con crema », le petit-déjeuner du jeudi à notre hôtel. Pour ceux qui n’aime pas la chantilly, c’est foutu ! 😉

Et se déplacer à Tegucigalpa n’est pas simple : marcher dans certains quartiers même de jour peut être dangereux mais les bus de la ville sont la cible privilégiée des braqueurs. Et les taxis alors ? Bien trop chers pour les touristes, ils en profitent un max ! D’un côté, il est déconseillé d’en héler un dans la rue (on pourrait tomber sur un faux qui veut nous dérober), et d’un autre côté, ceux appelés par les hôtels nous demandent 5€ pour 2km… Du racket !

Nous envisageons alors de nous pointer au terminal de bus le jour-même (donc demain) et acheter le billet au terminal le matin même (ca se fait souvent). Elle nous assure qu’il ne devrait pas y avoir de problème. Mais pas facile d’obtenir des informations claires :

Mister J : « À quelle heure part le bus ? »

Patronne : « Á 8h. »

Mister J : « Je crois que le bus est à 9h30. »

Patronne « Non, non, les gens partent à 8h. »

Mister J : « À quelle heure doit-on partir de l’hôtel ? »

Patronne : « À 8h. »

Miss V : « À quelle heure doit-on arriver au terminal de bus ? »

Patronne : « À 8h. »

On se croirait dans le sketch des Inconnus où une candidate répond « Stéphanie de Monaco » à chaque question. Bref, soit notre espagnol est vraiment mauvais (ce sont quand même des questions basiques), soit elle ne connaît pas vraiment les réponses exactes et s’en fout un peu… Du coup, nous décidons que le mieux serait de se renseigner nous-mêmes sur internet. Après quelques recherches, Mister J trouve un hôtel qui fait office d’agence de voyage pour la compagnie Ticabus et qui se situe à 1,5 km de notre hôtel, dans un chouette quartier colonial de la ville où nous pourrons manger. Nous nous y rendons à pied… Le quartier est effectivement plus cossu, mais pas vraiment joli et nous n’avons pas trouvé le cachet colonial ! 😉 Arrivés à l’agence, l’employée nous dit que le bus pour Léon part bien à 9h30 (Mister J a TOUJOURS RAISON! Hum…même quand il a tort !) ; néanmoins, il est complet pour demain et après-demain. Quoiiii, c’est une blague ?! Encore heureux que nous ne nous sommes pas pointés au terminale de bus le lendemain sans avoir rien réservé à l’avance ! Elle n’y connaît décidément vraiment rien la patronne de notre hôtel !! L’employée de Ticabus nous conseille alors de tenter notre chance auprès d’une autre compagnie , Transnica, qui a une agence dans un autre hôtel à 3kms ! Nous n’avons pas le courage d’y aller tout de suite…

Tegucigalpa

Tegucigalpa et son quartier colonial

Tegucigalpa et ses collines

Tegucigalpa et ses collines

Après avoir mangé en terrasse sous les yeux d’un garde armé (normal ici), nous retournons à l’hôtel pour demander à la patronne de contacter Transnica pour voir s’ils ont encore des places disponibles dans leur bus de demain. Elle n’en croit pas ses oreilles quand on lui annonce que Ticabus est complet pour les deux jours suivants. Cette fois, nous n’avons aucune envie de nous déplacer jusque-là pour rien. Hourraaaa, il y a encore des places disponibles chez Transnica mais nous devons nous rendre à l’agence pour acheter les billets. Arrivés à l’agence, nous n’avons aucun problème à réserver nos places de bus. Yeeeees, nous avons nos tickets pour le Nicaraguaaaa ! Bon oui mais… le bus part à 5h du matin et nous devons quitter l’hôtel à 4h ! De plus, le bus ne s’arrête pas à Léon mais continue directement jusqu’à Managua où il faudra changer de bus pour Léon, ce qui rajoute 4 bonnes heures à l’itinéraire (car nous devrons revenir sur nos pas) … Tant pis, tout ce que l’on veut, c’est partir d’iciiii !

Tegucigalpa et ses collines

Tegucigalpa et ses collines. Nous avons notre ticket de buuus!

Alors que Copan a un peu de charme et de très belle stèles mayas, Tegucigalpa a tout pour rebuter le touriste. Mais pas toujours facile de l’éviter lorsqu’on veut passer au Nicaragua par la suite. Mais le Honduras a surement d’autres atouts, comme sa culture garifuna et sa côte le long des Caraïbes. Nous n’y sommes pas allés car nous avons déjà découvert cette culture (des Noirs originaires de l’île St Vincent) à Hopkins au Belize et à Lívingston au Guatemala. Et puis, le Honduras n’était pour nous qu’un pays de passage entre le Guatemala et le Nicaragua, raison pour laquelle nous n’y sommes restés que 5 jours. En si peu de temps, nous ne sommes pas en mesure de juger de l’attractivité ou pas de ce pays.

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