Retrouvez ici le tableau et la carte de notre itinéraire au Cambodge.
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Retrouvez ici le tableau et la carte de notre itinéraire au Cambodge.
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Dimanche 3 janvier. Trajet de Paksé aux 4000 îles.
Pour réduire la probabilité d’avoir de mauvaise surprises, nous avons réservé le trajet jusqu’aux 4000 îles auprès de l’agence du Belge. Quelle bonne idée ! Nous faisons le trajet dans un van mais dans un car. Chouette, ça saute moins et il y a plus de place ! Après 3h de route, nous arrivons à l’embarcadère, où nous prenons une pirogue à destination de Don Khone, l’île que nous avions choisie pour passer quelques jours. Les fêtards séjournent à Don Det ; ceux qui cherchent un peu de calme mais aussi des activités choisissent, comme nous, Don Khone ; et les rares qui aspirent à un maximum de quiétude optent pour Don Kong.
Arrivés vers 11h30, nous jetons notre dévolu sur une petite guesthouse familiale dotée d’une dizaine de bungalow avec vue sur la Mékong et sur Don Det. Adjugé à 6€ la nuit !
Ce midi, nous choisissons un restaurant avec vue sur le Mékong. Nous n’aurions pas pu mieux choisir! En sus, nous avons aussi vue sur le pont français.
Pendant toute l’après-midi, Mister J admire la vue pendant que Miss V fait la sieste. Il faut dire qu’entre 11h30 et 16h, il fait vraiment très chaud ici ! Mais une fois que le soleil se couche, l’air devient plus respirable.

Les 4000 îles: vue du pont français by night
Lundi 4 janvier. Repos à Don Khone (4000 îles).
De bon matin, nous décidons de nous promener un petit peu plus loin sur l’île de Don Khone. Le chemin de l’île est encore fait de terre (pas de béton sauf à quelques rares endroits), les locaux vivent toujours dans des maisons en bambous et se déplacent à pied, à vélo ou en scooter, et les enfants vont à l’école du village, d’où sort un certain brouhaha qui est au final identique quelque soit la langue 😉 Nous constatons que certains enfants empruntent le pont qui relie Don Det à Don Khone pour venir à l’école en vélo ; d’autres repartent de l’école en pirogue. Nous sommes rassurés, l’île de Don Khone a encore gardé pas mal de son authenticité. Nous avons bien choisi notre île !
Nous sommes un peu à court de liquide. Il n’y a pas de distributeur sur l’île… Du coup, nous réserverons un tour en kayak en payant avec les Baht thaïlandais qui nous restent et le reste en Kips. Vous imaginez ce genre de choses chez nous ? Bon bien, je vous paie la moitié en euros et le reste en dollars… Si c’est parfois possible, ce sera jamais avec le sourire J L’occasion aussi de remarquer que la responsable de l’agence fait les conversions assez facilement. L’école est utile 😉
Chaleur oblige, nous nous reposerons cet après midi sur la terrasse de notre bungalow.
Et devinez qui nous avons retrouvé sur l’île dans les environs de notre bungalow? Le couple de jeunes Français qui travaillent dans chaque pays qu’ils visitent et l’autre couple de Français qui voyage avec leurs deux jeunes garçons.
Mardi 5 janvier. Kayak vers les chutes des 4000 îles.
Qui n’a jamais rêvé de faire du kayak sur le Mékong ?! Le prix n’est pas donné mais cela fait partie des choses que l’on ne fait qu’une fois dans sa vie. Et puis, la description de l’excursion est super alléchante : apprentissage du kayak, kayak jusqu’aux petites chutes Li Phi, repos sur la plage, baignade, passage du côté cambodgien, kayak jusqu’aux dauphins d’eaux douces puis jusqu’aux grandes chutes Pha Peng… En bref, un peu de kayak et plein de choses à voir. Mais comme souvent en Asie, la réalité est bien différente… Les plus de cette journée ? Nous étions un petit groupe (8 personnes) et la descente en kayak dans ces petits rapides, ces tourbillons et ces eaux au niveau très bas s’est avérée bien plus aventureuse que nous ne l’avions imaginée. Par contre, nous le déconseillons vivement aux débutants ! Contrairement, à la description de l’excursion, les deux accompagnateurs ne donnent aucune explication et ne ferment généralement pas la marche. Pas de panique, avec une casse-cou comme Miss V et un champion d’aviron comme Mister V, nous passons partout et avec classe 😉 Par ailleurs, les chutes Pha Peng, considérées comme les chutes du Niagara d’Asie du Sud-Est, sont assez impressionnantes: une grosse chute à gauche, une en face, une à droite, qui forment de gros rapides. Il ne vaut mieux pas tomber à l’eau!
Ce qui nous a déçus ? Nous n’avons pas vu les chutes Li Phi ni la plage, nous avons eu très peu de temps de repos et de baignade, et nous sommes allés voir les dauphins d’eaux douces en pirogues à moteur et non en kayak. Bref, au lieu « d’un peu de kayak et beaucoup de choses à voir », nous avons eu droit à « beaucoup de kayak et un peu de choses à voir ». Heureusement que nous aimons le kayak et que les paysages étaient magnifiques. En réalité, nous avons passé un très bon moment mais ce qui nous énerve, c’est la différence entre ce qui est proposé et ce qui est réellement offert. Pour tout vous dire, c’est notre portefeuille qui en a le plus pâtit dans l’histoire.
Mercredi 6 janvier. Retour à Paksé.
Retour épique ! Après un pick-up en pirogue, nous arrivons à la gare des bus où une foule de touristes suspicieux attend déjà. Tout le monde a l’air de se poser la même question : allons-nous tous rentrer dans ce bus et ces 2 vans ?
Voici notre stratégie : Mister J s’occupe de mettre nos deux gros sacs en soute tandis que Miss V monte directement dans le bus pour réserver deux places. Le couple de Français avec leurs deux garçons fait de même : les parents s’occupent des sacs pendant que les deux garçons s’occupent des places dans le bus. C’est simple mais peu de personnes y pensent 😉 Yesss, nos sacs sont en soute et nous avons des places assises dans le bus ! Ce qui n’est, bien entendu, pas le cas de tout le monde. Des gens sont assis dans le couloir du bus sur des chaises en plastique. Bref, nous nous estimons chanceux ! 😉 Oui mais…le bus ne démarre pas…et il fait chauuuud ! Après 20 minutes d’attente, nous entendons : « Tout le monde dehors » … Problème de moteur visiblement mais aucune explication bien sûr… 30 minutes plus tard, nous entendons : « Sortez vos sacs de la soute » … Toujours pas plus d’explications… Nous croyons comprendre qu’ils ont appelé un autre bus… Effectivement, un autre bus arrive, tout le monde se rue dedans et nous démarrons finalement à 13h15, soit avec presque 2h de retard… Bon les pannes, ça arrive mais ils étaient déjà occupés à chipoter avec le moteur pour essayer de le faire démarrer lorsque nous attendions dehors et nous ont quand même fait monter dedans. Noter que le bus de substitution était déjà sur le parking à ce moment-là mais est parti à vide. Celui-ci a dû finalement revenir pour nous embarquer. Ils n’auraient pas pu directement nous faire monter dans celui-là ?! Nous aimons énormément le Laos mais pas leur « organisation » des transports 😉 C’est la pire que nous ayons vue jusqu’à présent… Même en Inde, ils sont mieux organisés !
Le soir, nous rejoignons la guesthouse que nous avions bien appréciée la dernière fois en revenant du Plateau des Bolovens et que nous avions du coup réservée. Une fois de plus, la nuit sera mouvementée : vers 1h du matin, Miss V remarque des petites bêtes dans le lit… Pour la première fois (que nous le sachions !), nous partageons notre lit avec des puces de lit. Bien emmitouflés dans nos draps de soie, nous passerons une très mauvaise nuit, même si au final, nous n’avons aucune morsure à signaler. Miss V avait fait connaissance avec ces bestioles dans les auberges de jeunesse en Australie et, n’ayant pas de drap de soie, elle s’était fait mordre à plusieurs reprises 😉
Mercredi 30 décembre. Repos à Paksé.
Le trajet en bus à couchettes s’est mieux passé que prévu : comme annoncé dans les agences, nous avons bien mis 11h. Nous appréhendions un peu ce trajet suite à celui un peu foireux de Luang Prabang à Vientiane (11h au lieu des 8h indiquées). De plus, dans le Routard, il est indiqué que le trajet de nuit jusqu’à Paksé dure 10 à 15h selon le bus, et de 14 à 16h dans le Lonely Planet. Pour ne pas être trop déçus, nous nous attendions au pire : 16h de trajet. Aïe ! Nous comprenons en fait que prendre le bus au Laos, c’est un peu comme jouer à la loterie, tant au niveau des bus que des chauffeurs. On peut aussi bien tomber sur un bus neuf avec des TVs individuelles que sur un ancien bus chinois réaménagé dans les années 80 et qui roule encore mais doit s’arrêter toutes les heures pour refroidir le moteur. Côté chauffeurs, il y a le casse-cou qui veut aller super vite malgré l’état déplorable de la route, le somnolent qui tourne au Redbull local et le malin qui s’arrête dans tous les villages pour rentabiliser un maximum le trajet. Et tout cela au même prix : celui du bus VIP. Entendez par VIP le fait que les bus soient chers et dédiés aux touristes, et pas qu’ils soient plus confortables que les bus locaux. Parfois oui, parfois non 😉 On ne peut pas gagner à tous les coups mais cette fois-ci, nous avons été chanceux. Et au point de vue du confort ? Mieux vaut ne pas être claustrophobe, ni trop grand ni trop gros. Le bus comprend 2 étage d’1m de haut chacun ; il faut se mettre à genoux ou se plier en deux pour rejoindre sa couchette. Ce sont des couchettes doubles pour asiatiques d’1m65 de longueur à tout casser ! Même Miss V, du haut de ses 1m63 et demi ne rentrait pas tout à fait en longueur à cause du gros coussin fourni. Question largeur, ça nous allait très bien mais il ne fallait pas moins. Au fait, il est déconseillé aux filles voyageant seules de prendre ce genre de bus car il n’y a que des couchettes doubles, donc les gens voyageant seuls partagent leur lit avec un étranger. Enjoyyy !
Nous débarquons à 6h30 à Paksé. A cette heure-là, la ville est déserte ou presque. En effet, nous avons le grand bonheur d’assister, en toute discrétion, à une vraie aumône des moines. Une demi-dizaine de locaux sont agenouillés dans la rue que nous empruntons et offrent de la nourriture aux moines. Après chaque donation, les moines chantent pour la personne qui leur a offert du riz. De toute beauté !
Nous poursuivons notre chemin et comprenons très vite qu’il est un peu trop tôt pour commencer réellement à chercher une guesthouse. Et oui, tant que les clients n’ont pas fait leur check-out, les réceptionnistes ne connaissent pas la disponibilité des chambres et/ou ne peuvent pas encore nous les faire visiter.
Nous décidons de prendre un petit-déjeuner en attendant. Cela nous donnera des forces pour chercher une guesthouse par après.
Les trois premières guesthouses visitées nous paraissent un peu chères pour l’endroit. La quatrième sera la bonne ! Le confort est basique mais pour 6€, elle a l’avantage d’être familiale et offre une superbe vue sur la rivière. Adjugé !

Paksé: notre guesthouse

Paksé: la terrasse de notre guesthouse
L’après-midi, nous faisons ensuite un petit tour de la ville. Paksé est une petite ville sans vraiment de charme mais elle attire du monde car elle constitue un bon point de base pour visiter les environs (voir plus loin : Plateau des Bolovens et 4000 îles).
Par curiosité, nous faisons également une petite visite du shopping center : un grand bazar rempli de vêtements, chaussures et accessoires hi-tech. Et c’est là que nous trouvons un sapin de Noël et un Père Noël.
En tout cas, nous sommes bien dans le sud : nous avons retrouvé la chaleur et nos shorts, enfouis dans nos sacs depuis le début du passage de la frontière laotienne !
Jeudi 31 décembre. Repos à Paksé.
La nuit fut mouvementée… Vers 23h30, Mister J entend plusieurs fois le bruit d’un sac en plastique qui bouge… Le bruit s’arrête quand on bouge et qu’on allume la lumière, puis recommence. Il vient des affaires de Mister J. Après avoir lancé plusieurs fois ses tongs sur ses affaires, Mister J pousse un cri de guerre car il voit… Mais que voit-il ? Miss V ne voit rien… Il voit une souris courir et sauter dans un trou de la porte de la salle de bain pour se cacher. Après investigation, Mister J se rend compte que la souris a fait un trou dans le sac en plastique contenant nos biscuits et qu’elle en a entamé deux (pourtant emballés individuellement). Mister J décide alors de laisser toute notre nourriture (biscuits et chocolat) dehors. Vers 2h du matin, nous entendons à nouveau le bruit d’un sac en plastique. Mister J a l’impression que cela vient de son sac à dos. Il déverse le contenu de son sac à dos dehors mais rien, pas de souris. Le bruit venait surement de la salle de bain mais la souris ne peut plus venir dans notre chambre car Mister J a bouché le trou de la porte avec une serviette de bain. C’est décidé, demain nous changerons de guesthouse !
Nous nous rendormons jusqu’au petit matin mais plutôt que de changer de guesthouse, nous demandons à changer de chambre. Nous obtenons la dernière, celle d’en face, plus grande, sans trou.
Vu la nuit mouvementée que nous avons passée, nous décidons de ne pas louer de scooter aujourd’hui mais de nous reposer. Nous nous offrons alors un bon petit déjeuner dans la boulangerie « La Vida », qui forme des dizaines, voire des centaines, de locaux souvent issus de tribus ethniques, aux métiers de boulangers, pâtissiers, serveurs et femmes de ménage. C’est eux qui nous servent, avec un sourire jusqu’aux oreilles. Super ce projet ! En plus, le petit-déjeuner est délicieux !
L’après-midi, nous nous renseignons pour louer un scooter et partir sur la Plateau des Bolovens le lendemain. Nous atterrissons dans une agence tenue par un Belge (de Huy) et sa femme laotienne (Miss Noy). Il a beaucoup de succès car non seulement il parle français et anglais mais en plus, tous les soirs à 18h, il organisent une réunion pour expliquer ce que l’on peut faire en 1,2,3,4 jours (jusqu’à une semaine) sur le Plateau des Bolovens. Plutôt qu’un jour, nous partirons finalement 2 jours à scooter pour pouvoir faire le « small loop » et dormir en route.
A la fin de la réunion, nous faisons la connaissance d’un couple de français, que nous avons déjà croisés dans le nord à Nong Khiaw et qui voyagent durant 2 mois en Thaïlande et au Laos avec leurs deux garçons de 7 et 9 ans. Ils vont également faire le road trip avec chacun un enfant à l’arrière du scooter. Nous nous rendons compte que ce voyage en mode routard doit offrir à ces enfants une ouverture d’esprit incroyable. En tout cas, ces deux petits Français ont l’air de vraiment apprécier leur voyage au Laos, d’être très curieux et très sociables. Cela change de certains de ces enfants occidentaux que l’on entend sans cesse se plaindre, même en vacances.
Et notre réveillon de nouvel an ? Fatigués et devant nous lever tôt le lendemain, nous nous sommes couchés, avec les poules, à 22h30 ! 😉 On devait avoir 11 ans la dernière fois que nous sommes allés nous coucher avant les 12 coups de minuit le jour du Nouvel An… Pendant la nuit, nous avons eu le plaisir d’entendre des souris se déplacer dans les canalisations. Heureusement elles n’ont pas atterri dans notre chambre 😉 Par contre, nous nous sommes levés à 6h du matin, càd à l’heure précise où nos familles et amis passaient, eux, en 2016… Excellent !
Vendredi 1 janvier. Road trip à scooter sur le Plateau des Bolovens.
Avec un petit sac à dos pour deux (les gros sont gardés sous haute sécurité à l’agence), nous nous attaquons au Plateau des Bolovens.
Première étape : la plantation de café de Mr Vieng. Comme la plupart des Laotiens, Mr Vieng paraît froid et distant de prime abord. Mais très vite, il devient très souriant et même volubile. Les Laotiens ressemblent en fait aux Birmans mais en plus timides et méfiants vis-à-vis des touristes. Il suffit de faire de grands sourires, de leur dire bonjour et merci en laotien et de s’intéresser un minimum à eux pour qu’ils prennent confiance et nous dévoilent leur grande gentillesse.
Il faut dire que Mr Vieng est débordé car sa femme est partie faire les courses. Avant de pouvoir faire la visite de sa plantation, nous goûtons à son super bon café Arabica. Mmmmh ! Georges Clooney et son Nespresso peuvent aller se rhabiller ! 😉 En prime, il nous offre des cacahuètes et des bananes ! Si ce n’est pas gentil ça ?!

Plateau des Bolovens: un bon cfé Arabica de Mr Vieng
Sa femme est revenue, nous pouvons commencer la visite. Il nous explique les différents types de cafés, comment les cultiver, quels sont les animaux redoutés (fourmis, serpents, etc.). Ses parents étaient eux-mêmes producteurs de café mais ne gagnaient pas assez d’argent ; il nous explique alors les choix qu’il a dû faire pour réussir. Premièrement, il a décidé de ne produire que du café biologique de bonne qualité qu’il vend exclusivement aux gens qui viennent lui rendre visite. Il ne sélectionne et ne vend que les bonnes graines de cafés, les mauvaises il les jette. Pourquoi a-t-il fait ce choix ? Car vendre du café ordinaire aux groupes industriels, qui l’achète pour trois fois rien, ne rapporte pas assez. Deuxièmement, il a diversifié sa production : en plus du café, il cultive du manioc (qui se cultive très facilement et se vend bien), des cacahuètes, etc. Bref, une visite et une rencontre très intéressante.

Plateau des Bolovens: cet arbre aux grandes feuilles ne produit pas de l’Arabica mais du Liberica, plus difficile à cultiver et moins apprécié.
Après 90 kms de route dans les roues depuis ce matin, nous arrivons à la deuxième et dernière étape de la journée : les chutes Tad Lo. Nous arrivons vers 14h et cherchons tout d’abord une chambre. Nous trouvons une guesthouse dotée de 5 bungalows avec vue sur les cascades pour seulement 5€ la nuit. Adjugé ! Petit détail : nous partagerons la toilette et la douche à l’eau froide. Un genre de « Vie ma vie de…Laotien ». Intéressant comme expérience 😉 Et quelle magnifique vue sur les chutes Tad Lo et sur tous ces enfants laotiens qui se baignent et s’amusent devant notre bungalow !
Nous montons ensuite au sommet des chutes, belles mais fort touristiques. En fin d’après-midi, nous y croisons surtout des Laotiens.
Le soir, nous faisons la connaissance d’un couple de français en voyage depuis 2 mois en Asie et qui ont prévu de voyager 5, 6 ou 7 mois. Madame a l’air d’apprécier alors que Monsieur a l’air de se poser beaucoup de questions. Il nous a demandé à 3 reprises si nous ne nous demandions pas pourquoi nous voyagions si longtemps… Euh non, pas un seul jour ! En tout cas, lui se la pose et aurait surement été rassuré qu’on lui réponde que nous aussi. Il faut faire les choses dans le bon ordre : nous avons répondu à cette question bien avant de partir. Il nous raconte qu’il s’ennuie, que c’est sale, que c’est fatigant, etc. Nous ne serions pas étonnés qu’il veuille écourter leur voyage.

Plateau des Bolovens: vue de notre guesthouse by night
Samedi 2 janvier. Road trip à scooter sur le Plateau des Bolovens.
Lever au petit matin, nous décidons de prendre notre petit-déjeuner à notre guesthouse. Comme souvent au Laos, la famille de notre guesthouse qui semblait si froide et distante au premier contact se révèle être charmante. Surtout la mamy qui nous offre une salade de fruits et trois bracelets chacun. Ne sachant pas parler anglais, elle nous dit juste : « no kip, no kip » pour nous faire comprendre que la salade de fruits est gratuite pour nous et « luck, Paksé » pour nous faire comprendre que les bracelets nous porteront chance pour notre retour vers Paksé. Là, c’est certain, le voyage se passera bien ! Vraiment trop chou cette mamy !
Nous filons ensuite à bord de notre scooter vers notre première étape de la journée : une coopérative de café où nous goûtons le meilleur café (Arabica) que Mister J n’ait jamais goûté. Un petit bijou ! Et le Barman qui joue de la guitare. Que demander de plus ?
Nous reprenons ensuite la route pour se rendre aux chutes Tad Fan, les plus hautes, puis en face, les chutes Tad Champee, les plus agréables pour se baigner.

Plateau des Bolovens: pause de midi à côté de Tad Fan

Plateau des Bolovens: les chutes Tad Champee
Aux chutes de Tad Champee, nous retrouvons un couple de jeunes français, qui ont prévu de voyager 10 mois en Asie avec un tout petit budget. Du coup, ils travaillent de 2 semaines à 1 mois dans chacun des 5 pays qu’ils visitent (Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Laos et Vietnam). Lui est cuistot et elle travaille aussi bien comme serveuse que comme réceptionniste. Ils trouvent leur job à l’avance via le site Workaway et organisent leur itinéraire en fonction de l’endroit où ils ont trouvé du travail. Une autre manière de voyager qui a l’air assez sympa surtout pour les petits budgets.
Alors ce road trip ? Nous le faisions pour les paysages mais au final, ce n’est pas cela qui nous a le plus enchanté. Les paysages du Plateau des Bolovens sont jolis mais sans plus ; ils n’ont franchement rien d’exceptionnel. Les cascades sont jolies aussi mais ne font pas partie des incontournables. Par contre, nous avons apprécié ce road trip pour les rencontres que nous avons faites (Mr Vieng et la mamy de notre guesthouse) ainsi que pour ce que nous avons appris (à la plantation de café) et vu (ces villages de maisons en bambous, tout ce café qui sèche devant ces maisons). Et plutôt que de faire le « small loop » en 2 jours, nous l’aurions fait en 3 jours pour passer moins de temps par jour sur la route et avoir plus de temps pour profiter de ces rencontres.
Après avoir avalé 110 kms de bitume, nous voilà de retour à Paksé vers 17h. Il est temps de trouver une autre guesthouse que celle avec les souris. Mission accomplie assez rapidement 😉
Samedi 26 décembre. Trajet de Nong Khiaw à Luang Prabang.
Il n’y a pas de bus direct pour aller à Vientiane depuis Nong Khiaw, nous sommes obligés de passer par Luang Prabang. Ça tombe bien, nous aimons énormément cette ville ; nous y passerons donc une après-midi et une nuit supplémentaire. OK mais quel bus faut-il prendre pour s’y rendre ? Vu notre expérience de minibus à l’aller (cher, attente interminable, conduite moyenne), nous décidons de prendre le bus local. Arrivés à la station de bus, une surprise nous attend : ce n’est pas un bus mais un minibus local ! Et mieux vaut arriver tôt car une fois qu’il est complet, il est complet ; et il faut attendre qu’un deuxième minibus se remplisse pour pouvoir partir. Comme nous sommes arrivés à l’avance, nous avons pu monter dans le premier minibus et sommes donc partis à 9h comme prévu. Par contre, comme nous ne sommes pas arrivés dans les touts premiers, nous avons eu les places arrières çàd les plus mauvaises, celles où on saute le plus. Aïe, ça promet ! Heureusement, le chauffeur est nettement moins casse-cou qu’à l’aller et va moins vite. Le trajet est du coup plus reposant.
Après 3h30 de trajet, nous arrivons à destination. Nous remarquons tout de suite que Luang Prabang n’est pas tout à fait la même que quand nous l’avons quittée : il y a beaucoup plus de touristes et notamment avec des enfants. Ça sent les vacances de Noël et le pic de la haute saison. D’ailleurs, notre guesthouse, qui était presque vide il y a une semaine, est complète ; plus de place pour nous. Hum, Miss V n’avait pas prévu cela et n’a donc pas de plan B mais sait quand même dans quelle direction chercher. Nous tentons notre chance dans une autre Guesthouse… La chambre est grande, propre et coûte encore moins chère (12€). Quel bol, c’était la dernière chambre disponible dans cette guesthouse !
En arrivant à Luang Prabang, une ville que nous aimons tant, nous reprenons immédiatement nos habitudes. L’occasion de remanger des tuiles au coco vendues dans la rue et d’aller une dernière fois dans notre resto préféré du Laos : Rosalie Fusion, et de déguster leur poisson cuit à la vapeur dans une feuille de bananier.
Ces jours-ci, nous voyagerons beaucoup pour rejoindre le sud du Laos.
Dimanche 27 décembre. Trajet de Luang Prabang à Vientiane.
Pour ceux qui étaient en manque d’aventures croustillantes, vous allez être servis…
Pour aller à Vang Vieng située entre Luang Prabang et Vientiane, nos amis hongrois et allemands ont tous réservé un bus VIP. Pour nous rendre à Vientiane (plus loin encore), nous faisons alors de même : nous réservons un bus VIP la veille. Waouh le bus VIP ! A vrai dire, nous nous y attendions un peu. Ceci dit, en Birmanie, pour le même prix, nous avions un vrai car luxueux…
Dans notre guide, il est indiqué que le trajet prend entre 9h et 12h selon les bus (sous-entendu : 9h pour les VIP et 12h pour les Express). Par contre, partout à Luang Prabang, il est indiqué que le trajet dur 8h. Génial ! Oui, mais… Après 7h de bus, nous arrivons seulement à…Vang Vieng. La route est en fait une route de montagnes, qui zigzague, qui monte et qui descend, comme si on allait au ski. Il vaut mieux avoir l’estomac bien accroché. Plusieurs locaux étaient d’ailleurs malades. En plus, le bus s’arrête régulièrement pour faire le plein de locaux. OK pour les bus locaux mais pas pour les bus VIP ! Il s’arrête aussi pour arroser son bus et remplir un réservoir d’eau, quand ce n’est pas pour faire pipi (mais juste le conducteur, pas nous). Hum, quand allons-nous arriver à Vientiane alors ? Et bien nous sommes arrivés à 19h à la gare, soit 11h de trajet. Ensuite, il faut encore prendre un pick-up pendant 30 minutes pour arriver au centre-ville.
Quid de l’hébergement ? Pour la première fois au Laos, nous avions réservé une guesthouse la veille par email et Mister J avait déjà pris ses précautions en disant que nous arriverions à 18h (au lieu de 16h). Arrivés à la guesthouse, ce que Mister J pressentait, arriva : plus de chambre disponible ! Avant qu’ils n’aient le temps d’essayer de nous vendre une chambre dans la guesthouse de son frère, cousin, ami, Mister J a pris la porte et Miss V les a gentiment remerciés pour leur service. Mister J est persuadé que même si nous avions dit que nous arrivions à 20h, il l’aurait quand même vendue à quelqu’un d’autre dès 17h. Encore une bonne raison de ne pas réserver à l’avance sa chambre !
Nous sommes alors allés voir une autre guesthouse à deux pas. Miss V n’y croyait pas trop mais on ne sait jamais…allons-y, croisons les doigts ! Bingo, il restait juste une chambre double !! Contrairement à nos habitudes, trop contents d’en avoir trouvé une rapidement, nous avons pris et payé la chambre sans même la visiter. Vu que c’était la dernière, nous étions persuadés qu’elle n’avait pas de fenêtre donnant sur l’extérieur…Eh bien siii ! Elle est très petite (juste la place pour le lit) certes mais très propre et même peinte.
Lundi 28 décembre. Visite de Vientiane.
Devinez qui nous avons revu au petit déjeuner ? Le papy d’une septantaine d’années que nous avions rencontré à Chiang Mai en Thaïlande et qui voyage tout seul pendant 3 mois jusqu’au Cambodge.
Nous commençons la journée par une mission de la plus haute importance : faire réparer l’iPhone de Mister J ! Nous avons trouvé une sorte d’Apple Store local à 2 pas de notre guesthouse où ils l’ont « réparé » avec du scotch. Avant de crier « Hourra », nous allons d’abord tester son bon fonctionnement cet après-midi. Visiblement efficace…
Vientiane est la capitale du Laos. Quatre personnes nous avait dit que Vientiane était une ville ennuyante, qu’elle ne valait pas la peine d’y aller et qu’y rester une journée suffisait amplement. Nous voulions quand même nous faire notre propre opinion, et nous avons eu bien raison ! Petite, à taille humaine, calme pour une capitale, Vientiane pourrait faire partie de nos capitales asiatiques préférées. Bien sûr, elle n’a pas le charme de Luang Prabang, il n’y a pas autant de choses à faire dans les environs, mais elle vaut quand même le coup. Qu’y a-t-il à Vientiane ? Des temples, des temples et des restaurant à profusion ! 😉

Vientiane: le temple Vat Sisaket et ses 2000 statuettes de bouddha. Mister J a trouvé un bouddha superman…

A Vientiane, les rues sont traduites non pas en anglais mais en Français
Finalement, l’iPhone de Mister J fonctionne, mais impossible de le recharger… Il n’en peut plus de ne plus pouvoir compter sur son téléphone qui ne marche plus vraiment, et décide d’en acheter un nouveau. Il est sensiblement moins moins cher qu’en Belgique mais ils ne l’ont qu’en doré… Mince alors. Au final, comme ce n’est pas la dernière version et qu’il est doré, il n’attirera pas les convoitise 😉
Ce soir, nous mangeons dans un restaurant-café belge. Au menu : une bonne Chouffe et de bonnes frites belges. C’est pas donné, mais ça fait du bien, une fois.

Vientiane: ça sent la Belgique par ici!. Mmmm les frites!!
Mardi 29 décembre. Visite de Vientiane.
Aujourd’hui, nous continuons notre visite-éclair de quelques temples.
Ce soir, nous prenons un bus à couchettes pour Paksé au sud du Laos. Nous avons déjà pris des trains à couchettes en Chine, en Inde et en Thaïlande ainsi qu’un bus de nuit avec sièges inclinables en Birmanie, mais le bus à couchettes, c’est une première pour nous ! Nous appréhendons un petit peu… Nous avons tout de même hâte de voir à quoi cela ressemble.
Au final, comme les bus ne sont pas des plus performants, nous décidons de réserver un vol pour rejoindre le Cambodge.
Lundi 21 décembre. Trajet de Luang Prabang à Muang Ngoi
Comme Nong Khiaw n’est pas encore très touristique, il n’y a pas 36000 façons de s’y rendre : en bus local ou minibus ; pas de car. Nous prendrons un minibus pour aller de Luang Prabang à Nong Khiaw. Nous avons tous réservés au moins la veille auprès de la compagnie de minibus, mais ce n’est qu’après que tous les voyageurs soient arrivés à la gare de bus et nous avoir comptés 14 fois que les organisateurs et chauffeurs se rendent compte qu’il manque des places. Il leur faudra plus d’1h à faire un Tétris avec les passagers et les bagages dans les minibus avant de pouvoir enfin partir. Paaatience ! Au Laos, encore plus qu’ailleurs en Asie du Sud-Est, il faut être patient pour tout : départ des bateaux et des minibus, pour commander au restaurant, pour être servi, etc. Ils prennent tout leur temps et n’ont pas l’air de connaitre le stress. C’est peut-être eux qui ont raison finalement.
Après 3h de minibus très mouvementé, il nous reste encore 1h de bateau depuis Nong Khiaw. Ouf, nous arrivons juste à temps, car il n’y a qu’un bateau le matin à 9h et un l’après-midi à 14h. La traversée se fait dans un décor magnifique!
Un peu avant 15h30, nous arrivons enfin à Muang Ngoi, au milieu de nulle part. Une seule rue principale (en terre), une grosse rivière appelée la Nam Ou, des poules, des chiens et des falaises verdoyantes partout. Ici, nous sommes hors du temps, voire dans un film, genre « Le Seigneur des Anneaux ». Nous avons trouvé la Terre du Milieu !
Nous partons à la recherche d’une guesthouse. Nous nous dirigeons vers une ferme qui loue des bungalows en bambou à flanc de montagnes pour 5€ la nuit. Seule une grand-mère qui ne parle pas un seul mot d’anglais est là pour nous accueillir. Elle nous tend une trousse pleine de clefs et nous montre du doigt les bungalows. On comprend alors qu’on peut les visiter et choisir celui qui nous plait. Son fils vient alors nous rejoindre (il s’occupait de ses 110 poules). Nous nous sentons bien ici, nous y resterons quelques jours. Certes, nous n’avons pas de vue sur la rivière comme la plupart des guesthouses mais nous sommes au calme dans la nature au milieu d’une ferme. Quelle ne fut pas notre surprise de voir un veau devant notre bungalow en rentrant le soir.

Muang Ngoi: le chemin menant à notre guesthouse
En fin d’après-midi, nous assistons à un beau coucher de soleil sur la Nam Ou…à 16h!
Mardi 22 décembre. Repos à Muang Ngoi.
Muang Ngoi est un village très intéressant. Les routards se mêlent aux habitants qui continuent leur vie comme si les quelques touristes faisaient partie de leur paysage depuis toujours. Le village est encerclé par les falaises ; il fait froid avant midi et le soleil se cache derrière les montagnes dès 16h. Bref, nous n’avons chaud que de 13h à 15h. A 18h, il fait nuit noire, ce qui nous pousse à aller se coucher très tôt. D’ailleurs, nous utilisons nos sacs de couchage plus tôt que prévu car les nuits sont fraiches !
Nous décidons de commencer par une journée de repos. Nous restons à notre guesthouse et papotons avec un routard flamand, qui va rester 2 mois au nord du Laos puis ira travailler pendant 9 mois en Australie pour finalement visiter la Nouvelle-Zélande pendant 3 mois. Il est ici à Muang Ngoi depuis 15 jours ; il travaille dans un restaurant ainsi que sur un chantier de construction d’un nouveau restaurant. Mais il travaille en mode « asiatique » : il se pointe tous les matins au travail mais il n’a parfois (voire souvent) rien à faire…
Parallèlement, c’est comme si nous vivions avec cette famille : nous voyons les enfants jouer devant notre bungalow, le père s’occuper des animaux, la maman faire la lessive et la grand-mère veiller au bon fonctionnement de l’ensemble avec son regard bienveillant.

Muang Ngoi: Madame la vache vient, en toute liberté, brouter dans le jardin de notre guesthouse, sous les yeux de Mister J
La vue et le coucher de soleil sur la Nam Ou étant trop beaux, nous décidons de nous installer à nouveau sur la terrasse d’un restaurant, ce qui nous permet aussi de pouvoir observer quelques scènes de vie quotidienne.

Après avoir joué avec ses copains, s’être lavé et avoir fait sa lessive dans la Nam Ou, il est temps de rentrer à la maison. Elle est pas belle la vie des enfants laotiens de Muang Ngoi?
Le soir nous mangeons à notre guesthouse. Après avoir commandé, nous voyons alors le chef, armé de sa lampe frontale, partir à la recherche des ingrédients et épices dans le potager.
Mercredi 23 décembre. Marche vers les grottes et point de vue.
Réveillés avec le chant des coqs, nous flânons dans notre bungalow et étendons notre linge fraichement lavé. Nous pourrions presque entendre Charles Ingalls couper du bois au fond du jardin.
Nous décidons de partir marcher. Sur les conseils de français rencontrés la veille, nous choisissons d’emprunter un sentier qui monte et qui monte, et au bout duquel nous trouverons des grottes ainsi qu’un point de vue surplombant la ville et le fleuve.
La montée est très pentue et le chemin escarpé mais au bout d’une heure de marche, le récompense est là : la vue est magnifique.
En redescendant, nous tombons sur un autre chemin qui mène en fait à la sortie de la grotte de Phanoi.
Jeudi 24 décembre. Marche vers le village Ban Na.
Nous marchons très tranquillement sur une large route en terre. Nous ne croisons que des écoliers allant à l’école à pied ou à vélo ainsi que des adultes à pied ou en scooter. Pas de voiture, le bonheur ! Nous tombons tout d’abord sur une grotte.
Après 2h, nous arrivons enfin au village de Ban Na, où vivent des Khamu et des Lao. Finalement, Muang Ngoi n’est pas si « au milieu de nulle part », voilà un village encore bien plus reculé 😉 Au bout de ce tout petit village, nous trouvons une guesthouse qui fait aussi office de restaurant. C’est là que nous nous arrêterons pour manger.

De Muang Ngoi au village de Ban Na

De Muang Ngoi au village de Ban Na

Le village de Ban Na

Le village de Ban Na: le restaurant/guesthouse où nous avons mangé
Là-bas, nous rencontrons tout d’abord un couple de français et leur fille de 7 ans et demi qui comptent voyager pendant 5 mois en Asie. Ils ont passé 4 nuits dans ce village reculé, où ils dormaient sur un matelas à même le sol d’une cabane en bambou sur pilotis et où ils se lavaient à la rivière.
Ensuite, arrive un couple de jeunes français qui cherchent aussi à manger un bout. Ils comptent voyager 1 an : 6 mois en Asie puis 6 mois en Amérique du Sud. Ils ont commencé leur voyage il y a seulement 3 semaines par le Laos. Après avoir mangé ensemble et avoir bien papoté, nous faisons le chemin du retour avec eux à grandes enjambées en 1h.
En revenant à notre bungalow, qui voit-on installés à côté de nous ? Le couple de français et leur petite fille 😉 Nous faisons également la connaissance d’une Canadienne qui a prévu de voyager 6 mois en solo en Asie. Que de rencontres aujourd’hui ! Nous fêterons Noël avec elle au restaurant. L’occasion pour elle de nous donner quelques conseils sur le Cambodge et Vietnam et de lui en donner sur la Birmanie et la Thaïlande.
Vendredi 25 décembre. Visite de Nong Khiaw.
Ce matin, nous quittons Muang Ngoi et prenons le bateau pour Nong Khiaw avec le couple de français et leur petite fille, la Canadienne et le Belge, qui était tous cette nuit à notre guesthouse. Après avoir trouvé très facilement un logement en bambou sur pilotis avec vue sur la rivière Nam Ou, nous sommes partis à la découverte de Nong Khiaw. Le village est mignon mais nous préférons Muang Ngoi. Dommage ce gros pont et cette route en béton avec tous ces camions, mais on ne peut pas leur en vouloir… Il paraitrait que les Chinois seraient en train de construire une route jusqu’à Muang Ngoi… Pourquoi les Chinois? Parce que la construction de cette route est très onéreuse vu le relief et le sol. S’ils y arrivent, ce petit village ne sera plus pareil. Nous sommes contents d’avoir visité Muang Ngoi au bon moment.

Nong Khiaw: notre cahute en bambou et sur pilotis
L’après midi nous décidons d’aller voir un point de vue indiqué à l’entrée du village. Il s’agit de 2km de marche. On se dit « faciiile ». Mais il s’agit en fait de l’ascension jusqu’au sommet d’une falaise offrant une superbe vue sur la vallée. Sans parler de l’humidité…nous sommes tout de suite trempés jusqu’aux os! Il nous faudra une bonne heure (en sandales!) pour en venir à bout ! Mais la récompense est énooorme. La vue à 360 degrés sur la vallée et les montagnes est magnifique. Un joli cadeau de Noël ! C’est bien la première fois que nous faisons autant de sport le jour de Noël 😉
Vendredi 18 décembre. Visite de Luang Prabang.
Après 2 jours de bateaux, nous ressentons l’envie de marcher un peu. Nous visitons donc la ville à pied. De toute façon, nous nous rendrons vite compte qu’elle n’est pas bien grande. Une chouette et jolie petite ville à taille humaine avec le Mékong d’un côté et la rivière Nam Khan de l’autre. Nous traversons la ville en long, en large et en travers, en nous arrêtant de temps en temps devant un temple ou l’autre. Luang Prabang est la ville des temples et des moines. Classée Patrimoine Mondial de l’Unesco, elle attire beaucoup de touristes mais elle garde néanmoins son charme et son calme. Après une journée seulement, nous sommes déjà convaincus que Luang Prabang fera définitivement partie de nos villes « coup de cœur ».

Luang Prabang: le That Mak Mo

Luang Prabang: le temple Vat Aham, à côté du Vat Visoun
A midi, nous mangeons dans un chouette petit restaurant qui ne paie pas de mine. Mister J prend un poisson cuit à la vapeur dans une feuille de bananier. Un coup de cœur culinaire opère alors. Mais difficile d’obtenir la recette ; non pas parce que le chef veut la garder pour lui mais parce que la liste des ingrédients est intraduisible.
En fin d’après-midi, nous assistons en petit comité à un concert de percussions (tambour, cymbales, etc.) donné par de jeunes moines. Ils avaient l’air de bien s’amuser, et nous aussi!
Le soir, nous retrouvons une nouvelle fois les Allemands et les Hongrois pour aller manger. Nous visitons chacun de notre côté la journée selon nos envies et nous nous retrouvons le soir pour manger et nous raconter nos visites. Première tentative de notre voyage : la street food du marché de nuit. Pas mauvais, très bon marché, mais sans plus…
Samedi 19 décembre. Visite de Luang Prabang (suite).
Le matin, nous essayons de trouver un nouvel iPhone mais Mister J n’est pas dupe : ils sont soit faux soit reconditionnés (si pas volés). Mister J décide alors plutôt d’essayer de faire réparer le sien mais pas moyen de trouver un réparateur. D’ailleurs, dans le quartier chinois, ils ne parlent pas un mot d’anglais… ça donne :
« Good Morning »
« No »
L’après-midi, nous visitons, toujours à pied, l’autre côté de la rivière Nam Khan. Nous passons un premier pont en bambou puis découvrons les petits villages et leurs artisans et revenons finalement par un pont en bambou plus abîmé cette fois. Ces ponts en bambou sont payants car ils sont démontés avant la mousson et reconstruit après. C’est une famille qui gère le pont et en vit.
Dimanche 20 décembre. L’aumône des moines et les cascades de Kouang Si.
Sur les conseils de l’Allemand, qui a déjà visité le Laos il y a dix ans, nous nous levons à 5h du matin pour assister à l’aumône des moines. Les moines bouddhistes ne vivent que de l’aumône des fidèles et, en échange, ils prient pour eux. Chaque jour, ils partent en quête de nourriture. Il ne faut pas y voir un acte de mendicité. Les moines donnent ainsi l’opportunité aux fidèles de sous-traiter la prière auprès des moines et de faire une bonne action pour leur karma. En fait, ce sont les moines qui font don aux fidèles de leur spiritualité.
Pour que ce geste ait un sens, il faut que cela ait un sens spirituel pour le donateur et que la nourriture ne soit pas simplement achetée au (super)marché, mais préparée avec soin et dévotion.
Ce geste d’aumône, magnifique par le sens qu’il véhicule, nous l’avons aperçu de nombreuses fois et dans d’autres pays, surtout en Birmanie. La particularité à Luang Prabang, c’est que cette aumône se déroule en forme de cérémonie, à l’aube, et concentre de nombreux moines et donateurs sur 1 seule rue.
En sortant de notre guesthouse à l’aube, de nombreuses pancartes nous invitent à donner aux moines. Différentes formules nous sont proposées allant du simple bol de riz à 10 000 Kips à la formue ultra complète à 50 000 Kips. On est donc loin de la spiritualité que devrait nous évoquer ce moment. Nous passons donc ces offres puisque nous ne cherchions qu’à être spectateur de cette cérémonie.
Malheureusement, au fil des arrivées des donateurs, nous nous rendons compte que 90% des donateurs sont des touristes qui achètent la nourriture dans la rue pour « nourrir les moines » ou pire, cela est parfois inclus dans leur tour organisé ou dans leur nuit d’hôtel.
Au moment où les moines sortent de leur monastère en file indienne pour recevoir les dons des fidèles, la scène qui se dessine devant nous nous désole. Certains touristes, particulièrement les groupes de chinois fraichement débarqués de minibus, ne respectent aucune des règles imposées par la cérémonie. Ils parlent fort, se croient au zoo à nourrir les singes et donnent des ordres aux moines pour pouvoir prendre LA photo au bon moment et avec flash. A quand les selfies avec les moines ? On y est presque… Pourtant, les choses à faire et ne pas faire pour préserver cette cérémonie sont clairement affichées partout dans la ville en plusieurs langues (dont le chinois).
Après 20 minutes, tout le monde remballe, la rue se vide, nous laissant interdits par le spectacle que nous venions de voir. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi ce rituel risque incessamment sous peu de disparaître. D’ailleurs, ils n’étaient qu’une bonne cinquantaine de moines à participer à l’aumône alors qu’il y a dix ans, ils étaient plus d’une centaine, selon notre ami allemand. Et les fidèles ne se bousculent plus non plus.

Luang Prabang: après l’aumône, la balayage
Après une longue sieste pour nous remettre de ce lever matinal, et sur les conseils de nos amis allemands et hongrois, nous nous rendons en scooter l’après-midi aux cascades Kouang Si. L’endroit est très touristique mais quand bien même très agréable car on peut aisément s’y déplacer malgré le monde. Les cascades sont d’un bleu laiteux ou turquoise. Superbe ! Elles nous rappellent à la fois Plitvice et Krka en Croatie.
Toujours sur les conseils de nos amis, nous avons grimpé jusqu’au sommet de la grande cascade. Quel bonheur de s’y retrouver en très petit comité. Les chinoises en talons et jupe du dimanche ne pouvaient pas s’y rendre 😉
Le parc œuvre aussi pour la protection des ours, à qui il offre un grand espace de jeu et de semi-liberté. Leur slogan : « Aimeriez-vous passer 10 ans de votre vie dans une cage ? Alors pourquoi un ours devrait-il le faire ? ».
Mardi 15 décembre. Trajet jusque Chiang Khong puis passage de la frontière laotienne.
Nous nous réveillons avec une mauvaise surprise: l’iPhone de Mister J est HS ! Après 3 ans de bons et loyaux services. Dommage. Mais bon vu le traitement subi tout au long de sa vie, RIP petit iPhone. Du coup, nous perdons aussi notre GPS, si utile à scooter et pour trouver les guesthouses. Peut-être que le Père Noël aura une bonne idée de cadeau cette année… Si cela était arrivé un jour plus tôt, nous aurions pu en racheter un sans problème en Thaïlande, alors qu’au Laos… Mais cela aurait été trop facile, et la vie n’est pas faite pour être facile! On s’ennuierait 😉
La traversée de la frontière de la Thaïlande vers le Laos est très fréquentée. Nous étions loin d’être les seuls. Mais mieux vaut avoir lu, dans son guide de voyage ou sur interenet, toutes les étapes de la procédure avant de passer la frontière car cela pourrait en dérouter plus d’un. Après 2h de trajet dans un bus gouvernemental qui ressemble aux bus indiens cette fois, nous voilà à Chiang Khong. De là, il faut prendre un tuk-tuk jusqu’au poste frontière : 50 baths pour 5 minutes de tuk-tuk alors que les 2h de bus coûtent 65 bahts. Cherchez l’erreur… Une fois l’immigration thaïlandaise passée, il faut prendre un bus pour se rendre à l’immigration laotienne : 25 bahts pour 2 minutes… Si on convertit ce montant en euros, cela ne représente évidemment pas grand chose mais c’est la comparaison avec un ticket de bus normal qui fait mal. Certains s’en mettent plein les poches ! Finalement, une fois le visa laotien accordé, il faut à nouveau prendre un tuk-tuk pour se rendre au centre ville : 80 bahts pour 15 minutes si vous arrivez à négocier, sinon le prix officiel est de 100 bahts. Nous arrivons enfin à Houei Sai, une vraie ville frontalière avec la Thaïlande qui a peu de charme. De quoi se reposer avant de prendre le bateau pour 2 jours (avec une escale de nuit à Pakbeng) vers Luang Prabang où nous ferons vraiment connaissance avec le Laos 😉
Arrivés au Houei Sai (qui peut s’écrire de plusieurs façons différentes : Huay Xai, Houayxay, Houeisai, etc.) nous cherchons une guesthouse et en trouvons rapidement une. Comme toujours, nous visitons la chambre avant de la prendre : elle semble correcte avec un grand lit. Mais surprise au moment du coucher : le matelas n’est pas un matelas ; il est fait de bois et est donc extrêmement dur. Dormir dans ce lit ou par terre revient à peu près au même. Heureusement, nous arrivons à nous endormir rapidement et passons une bonne nuit. Décidément, nous sommes vraiment capables de dormir partout ! Mais note pour nous-même au moment de visiter une chambre : tester le matelas…

Houeisai: ça sent le communisme par ici…
Mercredi 16 décembre. Première journée en bateau sur le Mékong et escale à Pakbeng.
Le bateau part à 11h. Pour être certains d’avoir une place à bord, nous décidons de nous y rendre tôt: nous arrivons au port à 9h. Pas foule, mais déjà quelques personnes présentes. En réalité, pas besoin d’arriver si tôt pour prendre le bateau. D’ailleurs le départ à 11h n’est que théorique. Nous attendons un groupe qui doit arriver incessamment sous peu… En réalité, il partira à 12h. Comme tous les jours…
Le bateau est une affaire familiale : la maman donne des ordres, le papa conduit le bateau, et les enfants s’occupent des bagages et du « bar ». La famille est gentille et souriante. Nous aimons déjà le Laos.
Assis à coté de nous, nous faisons la connaissance d’un couple allemand dont madame est d’origine tunisienne et d’un couple hongrois dont madame est brésilienne. Quel beau mélange nous faisons! C’est l’occasion de taper la discute. Ils ont également beaucoup voyagé. Nous échangeons nos expériences de voyages respectives. Alors que nous n’avons fait aucune vraie rencontre en Thaïlande, c’est reparti dès notre deuxième jour au Laos. A vrai dire, cela ne nous étonne pas vraiment 😉 Très vite, nous nous autoproclamons « le groupe des bananes » car nous en avons tous acheté une flopée avant de monter dans le bateau, de peur d’avoir faim et de ne pas en trouver avant d’arriver à Luang Prabang (dans 2 jours).
Tout au long du trajet, nous découvrons de magnifiques paysages tout verts et quelques scènes de vie quotidiennes. Premier vrai contact avec le Laos réussi!

Première journée de bateau sur le Mékong entre Houeisai et Pakbeng
Même si le Mékong nous offre des paysages superbes, nous sommes bien contents d’arriver à Pakbeng après un peu moins de 5h30 de trajet (au lieu de 6h). Pakbeng est une bourgade hmong accrochée au flanc de la montagne qui est vide la journée mais qui fait le plein de touristes le soir lorsque les bateaux à destination de Luang Prabang y déposent leurs passagers pour y passer la nuit, avant de continuer le trajet le lendemain.
Contrairement à la majorité des touristes présents sur le bateaux, nous arrivons au village à pied (et non en pick-up) car il ne se trouve en réalité qu’à 5 minutes de marche. Nous commençons alors à chercher une guesthouse avec les allemands. La première est complète mais une dame nous propose de visiter des chambres juste en face. Pour 7€, nous avons l’eau chaude, le Wifi et une vue sur le Mékong depuis le couloir. Que demander de plus ?
Le soir, nous mangeons tous ensemble dans un restaurant indien, l’occasion d’en apprendre plus les uns des autres. Le Hongrois, traducteur-interprète de profession, connaît 7 langues : le hongrois, le roumain, l’anglais, l’allemand, le portugais, l’espagnol et le français. Respect ! Mais il y a une explication 😉 Sa langue maternelle est le hongrois mais il a été élevé en Roumanie et est allé dans une école allemande. Ensuite, à l’université, il a étudié l’anglais et l’espagnol. De plus, sa femme est brésilienne, donc il parle le portugais. Finalement, il comprend et parle aussi très bien le français (surtout les matches de foot, qu’il traduit).
On remet cela demain… Encore une journée supplémentaire de bateau pour rejoindre Luang Prabang.
Ah tiens, il pleut ce soir, une fois rentrés du restaurant. Un petit rappel de la Belgique !
Jeudi 17 décembre. Deuxième journée en bateau sur le Mékong et arrivée à Luang Prabang.
Il a plu une bonne partie de la nuit et il fait plutôt frais ce matin.
Le bateau, qui est censé partir à 8h, part en réalité à 9h30 (as usual). En avant pour 7h de trajet sur le Mékong!
Quelques minutes après être partis, la pluie se met à nouveau à tomber, le vent souffle et les températures avoisinent les 15°C. Bref, tout le monde se les gèle ! Surtout qu’un couple d’allemand d’une cinquantaine d’années refuse catégoriquement de baisser la bâche de leur côté sous prétexte qu’ils veulent de l’air et pouvoir prendre des photos. C’est pas comme s’ils n’en avaient pas pris des centaines la veille et sous le soleil… Comment peut-on être aussi égoïste et laisser tout un bateau se les geler ?! Le plus pathétique, c’est que la dame allemande se les caillait aussi, à tel point qu’elle a mis une couche supplémentaire : un gilet de sauvetage 😉 Mais malgré tout, pas moyen de les faire changer d’avis. Nous avions plus ou moins prévu le coup : nous portions un pantalon, un t-shirt longue manche en mérinos et un coupe-vent. Mais cela ne suffisait quand même pas, surtout que nous avions des sandales et donc les pieds gelés. Après 3h de trajet, Mister J n’en pouvant plus, est allé chercher le sac de couchage bien chaud de Miss V afin qu’il nous serve de couverture. C’est alors que nous avons lu de l’envie dans les yeux de nos voisins, qui étaient en short et en sweatshirt léger. Ils sont arrivés congelés à Luang Prabang, surtout un jeune Australien pas habitués à un tel climat.
Arrivés en took-took dans le centre de Luang Prabang, nous commençons à chercher une guesthouse avec les allemands. Après 1/2 h infructueuse (car trop cher), Miss V entre en jeu car elle a repéré une guesthouse indiquée dans son guide. Bingo, elle convient à tout le monde : accueil très sympa, grande chambre propre, au calme et bien située. C’est à Mister J d’alors entré en jeu pour négocier : 15€ la nuit alors que tout ce que l’on a visité (ou juste demandé le prix) tournait autour des 30-45€ (voire 65€). Les allemands étaient prêts à mettre 40€ pour une chambre d’hôtel mais étaient trop contents que l’on ait dégoté une chambre à 15€; ils vont pouvoir se lâcher au restaurant. C’est qui les meilleurs ? C’est nous !
Retrouvez ici le tableau et la carte de notre itinéraire du Laos.
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Vendredi 11 décembre. Trajet de Chiang Mai à Chiang Rai.
Premier trajet en bus gouvernemental (avec Greenbus). Hormis le prix dérisoire du trajet (4€ par personne), cela n’a rien à voir avec l’Inde : ce ne sont pas de vieux bus mais des cars qui opèrent ces trajets longue distance, il y a des quais d’embarquement par destination à la gare de bus, une personne vérifie que vous montez bien dans le bon bus, on reçoit une petite bouteille d’eau et une petite brioche, et finalement l’accompagnatrice de bus nous prévient quand il faut descendre. Tout comme le train, prendre le bus en Thaïlande est un jeu d’enfants 😉 Et c’est la première fois en Thaïlande que nous prenons un transport en commun où il y a plus de thaïs que d’étrangers (sept seulement). Ouf cela existe encore ! 😉
Arrivés à Chang Rai après 3h de car, nous nous empressons de trouver une guesthouse. Les deux seules qui nous intéressaient dans nos guides de voyage sont complètes. Hum, nous allons y aller à l’aveugle alors. L’avantage : c’est comme cela que nous dégotons les meilleurs prix. La troisième guesthouse sur laquelle nous tombons est vraiment vieillotte, ultra basique, voire lugubre, et cher pour ce que c’est. Non merci ! Nous continuons notre chemin dans une rue où sont indiquées plusieurs guesthouses. Nous tentons notre chance dans la première de la rue : un drôle de panneau pas très vendeur indique « low-cost guesthouse ( ?!) ». Le service est en effet low-cost : la patronne est aussi aimable qu’une porte de prison et le restaurant offre le service minimum jusqu’à midi seulement. Les chambres sont sombres et sans aucun charme mais grandes, propres et correctes. En entendant le prix, nous n’avons pas hésité une seule minute ; à 5€ la nuit – ce qui est inespéré en Thaïlande – nous avons sauté sur l’occasion.
Même à Chiang Rai, il y a toujours plus de touristes que dans les autres pays mais quand même moins qu’à Bangkok et Chiang Mai. De plus, la circulation est beaucoup plus fluide, plus calme et la ville est plus petite. Ce sera, sans aucun doute, notre endroit préféré en Thaïlande. A peine arrivés, Chiang Rai nous plaît déjà !
Samedi 12 décembre. Visite du Wat Rong Khun, le White Temple.

Chiang Rai: petit déj à « The Shaman »
Cet après-midi, nous avons loué un scooter pour nous rendre au Wat Rong Khun, un temple blanc hyper kitsch, à cheval entre tradition et science-fiction. Il a été conçu par le même artiste-architecte que l’horloge kistch servant de rond-point dans le centre-ville. Malheureusement, nous n’avons pas pu rentrer à l’intérieur. Vraisemblablement, une cérémonie était en préparation. Nous essaierons un autre jour.
Facile la conduite à gauche ! Après la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie, nous sommes bien rôdés 😉 Force est de constater que la circulation en Thaïlande est beaucoup plus calme et moins anarchique que les autres pays d’Asie que nous avons visités pour l’instant. D’ailleurs, Mister J est le seul à klaxonner. Il va falloir perdre cette habitude 😉
En arrivant à Chiang Rai hier, Mister J avait repéré, du bus, un supermarché Big C (qui ont racheté en Thaïlande les supermarchés Carrefour). Nous avons profité d’avoir un scooter pour y jeter un coup d’œil et voir si nous aurons la bonne surprise de trouver les produits qui nous manquent… Au final, quel bonheur de se retrouver dans un supermarché achalandé comme chez nous. Avec des tarifs clairs et des produits occidentaux. Nous nous jetons sur le chocolat noir 70% de cacao et des cookies. Introuvables ailleurs ! Nous avons même pu refaire le plein de crème solaire « La Roche Posay » ; l’occasion pour Mister J de démontrer par A + B qu’il s’agit de la meilleure crème solaire au monde auprès de la vendeuse, qui essayait de nous vendre une autre crème de marque allemande ! Et Miss V a pu racheter des culottes car celles achetées avant de partir tombent déjà en lambeaux ! En tous cas, beaucoup de personnel dans les grandes surfaces, et les vendeurs sont super sympas et nous aident avec le sourire !

Chiang Rai: le Big C (ancien Carrefour). Après plus de 2 mois, enfin un vrai grand supermarché.

Chiang Rai: incroyable, il y a un rayon chocolat au Big C! C’est Noël avant l’heure!! Mister J ne se sent plus.
Dimanche 13 décembre. Les chutes de Huai Mae Sai et visite du temple Wat Jet Yod.
Après 30 bonnes minutes de scooter, nous voilà arrivés au parking des chutes de Huai Mae Sai. Pas un chat. Quel bonheur de se retrouver seuls en Thaïlande ! Nous prenons un petit sentier qui nous mène en 5 minutes à la première chute. Toujours pas en chat… pendant 15 minutes. Ensuite 2 européens puis 4 singapouriens sont arrivés. Nous avons alors pris le deuxième sentier qui monte un peu plus. Après 15 minutes, nous sommes arrivés à la deuxième chute, un peu plus impressionnante. Nous y avons trempé nos pieds ? Waouw ça caille ! Comment les 2 européens ont-ils pour se baigner là-dedans ? De toute façon, comme la forêt est infestée de moustiques, nous ne tenterons pas l’expérience.
En fin d’après-midi, nous sommes retournés au Wat Rong Khun, alias The White Temple. Malheureusement, nous n’avons toujours pas pu y entrer mais nous avons quand même un peu plus circuler à l’extérieur pour observer les œuvres de l’artiste. Ce temple symbolise en fait la pureté du bouddhisme face aux fléaux qui guettent l’humanité : l’alcool, le vice, la terreur (comme l’Alien). Par ailleurs, il est entièrement tapissé de morceaux de miroir.

Chiang Rai: le Wat Rong Khun, le temple blanc.

Chiang Rai: le Wat Rong Khun, le temple blanc.

Chiang Rai: le Wat Rong Khun, le temple blanc.
En revenant, comme nous passions devant, nous en avons profité pour visiter le Wat Jet Yod, le temple qui se trouve juste à côté de notre guesthouse.

Chiang Rai: le temple Wat Jet Yod
Une telle journée bien remplie mérite une bonne bière et un bon repas à notre cantine zen « The Shaman.

Chiang Rai: un curry rouge de poulet pour Mister J et un curry vert de poulet pour Miss V. Enfin un curry épicé en Thaïlande!
Lundi 14 décembre. Visite du musée Baandam, la Black House.
Toujours à bord de notre scooter, nous nous sommes rendus au musée Baandam, alias the Black House. Créé par un autre artiste local, la Black House est l’antithèse du White Temple. Il est le fruit d’une concurrence artistique, opposant ses ténèbres à la blancheur éclatante du White Temple. Encore plus étrange, étonnant…
Mardi 15 décembre. Trajet jusque Chiang Khong puis passage de la frontière avec le Laos.
Et oui, nous allons déjà quitter la Thaïlande, où nous n’étions que de passage. Le bilan? Mieux qu’espéré. Nous avons bien aimé Bangkok, moyennement Chiang Mai (excepté la journée avec les éléphants) et vraiment beaucoup Chiang Rai.
Cette fois-ci, le bus gouvernemental ressemble aux bus indiens; mais nous n’en avons que pour 2h30 de trajet et le bus est loin d’être bondé. Chouette paysages, chouette trajet. Nous ne sommes pas les seuls étrangers à vouloir rejoindre Chiang Khong pour ensuite passer la frontière laotienne dans la même journée. En effet, nous sommes 6 étrangers dans le bus, ce qui n’est pas tellement finalement mais il faut dire qu’il y a des bus toutes les heures. Il y en a même qui prennent le premier bus à 6h du matin pour espérer pouvoir attraper le bateau à la frontière laotienne dans la même journée. Dans ce cas, c’est un peu le rush et pas mal de stress. Comme beaucoup, nous avons choisi de le faire en 2 jours; nous prendrons le bateau le lendemain.
Mardi 8 décembre. Arrivée à Chiang Mai et visite du temple Wat Chedi Luang.
Belle surprise à notre réveil dans le train : nous sommes au beau milieu d’un paysage montagneux et verdoyant ! Rien à voir avec Bangkok 😉
Arrivés à la gare, nous avons partagé le pick-up avec un monsieur d’une septantaine d’année, probablement italien mais parlant très bien français. Il voyage tout seul 3 mois par an pour profiter de sa retraite. Nous le recroiserons peut-être car, comme nous, il ira à Chiang Rai pour ensuite passer au Laos et voyager jusqu’au Cambodge. Incroyable à son âge de voyager en routard ! L’année passée, il a visité le Chili et l’Argentine. Par ailleurs, il est déjà venu plusieurs fois en Thaïlande et est allé trois fois en Birmanie.
Nous découvrons notre guesthouse qui est très sympa mais beaucoup plus grande, plus fêtarde, plus américaine et donc forcément plus bruyante que dans les pays traversés précédemment. La Thaïlande est définitivement très (trop) touristique, même dans le Nord. En réalité, nous ne sommes que de passage 15 jours, le temps de traverser le nord pour passer au Laos. Le temps de passer du bon temps quand même, et de nous faire notre propre avis sur le nord de ce pays… Nous ne tenterons pas le sud du pays et ses plages, qui doivent être magnifiques, mais le côté fêtard plus que routard nous lasse un peu.
L’après-midi, nous sommes sortis sans but précis, juste pour découvrir la vieille ville de Chiang Mai. Et devinez sur quoi nous sommes tombés ? Un ensemble de temples bien intéressants ! En même temps, Chiang Mai, tout comme Bangkok, regorge de temples 😉 Et bien, nous ne sommes pas encore tout à fait lassés 😉 Chose étonnante : il y a des reproductions très réelles d’anciens moines bouddhistes dans les temples en position de lotus. Leurs cheveux et surtout leurs yeux ont l’air tellement réels qu’ils font presque peur.
Au fait, il fait toujours chaud mais bien meilleur à Chiang Mai qu’à Bangkok. Ouf ! Plus besoin de clim’ dans la chambre ; ça nous fait de petites économies 😉
Mercredi 9 décembre. Visite du temple Wat Phra Singh.
Cet ensemble de temples nous a fait pensé extérieurement à ceux visités en Birmanie et intérieurement à ceux visités au Tibet.
En revenant, nous avons pu admirer le toit du temple Wat Thung Yu et le temple en tek Wat Phan Tao, qui nous a fait penser à ceux visités en Birmanie.
Jeudi 10 décembre. Woody Elephant Training.
Chiang Mai est à la Thaïlande ce que Queenstown est à la Nouvelle-Zélande : c’est l’endroit où s’adonner à toute sorte d’activités un peu chères mais qui valent le coup, comme du rafting, du saut à l’élastique, de la tyrolienne, du trekking, des cours de cuisine et des formations avec des éléphants.
Après s’être assurés de choisir un camp où les éléphants sont bien traités, nous avons opté pour la formation de mahout d’éléphants. Nous aurons bien le temps de faire des treks, de la tyrolienne et peut-être un cours de cuisine dans d’autres pays…Le rafting et le saut à l’élastique, c’est déjà fait 😉
Départ en minibus vers Mae Teng, à 1h de route au nord de Chiang Mai. Première bonne surprise en arrivant : nous allons passer la journée au vert entourés de montagnes verdoyantes. Waouuw !
Woody Elephant est un centre de protection des éléphants créé il y a 7 ans, donc un peu plus jeune que les autres de la région. Ce centre possède 13 éléphants venus de Malaisie et de la frontière avec la Birmanie et achetés à des cirques, à des paysans ou à des tribus ethniques. Le centre accueille une vingtaine de visiteurs par jour car tous les éléphants ne travaillent pas tous les jours ; ils effectuent des rotations.

Mae Teng: si Happy, 11 mois, n’était pas tenu en laisse par sa maman, il courrait partout.
A peine arrivés, place à une première rencontre un peu timide avec les pachydermes pour leur donner à manger. Au menu : des bananes et du maïs. Qu’ils sont énormes et gourmands !
Ensuite, en 5 minutes, nous apprenons les mots de base en thaï : stop, à droite, à gauche, en avant, en arrière, plus lentement, lève la pâte, plus haut et ouvre la gueule.

Mae Teng: prise de note studieuse
Comme certains éléphants n’ont pas encore pris leur bain ce matin, 4 personnes de notre groupe doivent se dévouer pour faire la balade sur les pachydermes tout de suite, en apprenant sur le tas, alors que les autres la feront l’après-midi après avoir bien retenu les rudiments de base et appris quelques infos sur leur vie de pachyderme…Nous nous sommes dévoués, tout comme deux anglais, et en réalité, nous avons été gagnants sur toute la ligne ! Premièrement, comme tous ceux de notre groupe, nous avions choisi l’option la moins cher, càd en groupe de 10-15 et 2 par éléphant ; mais en nous portant volontaires pour la balade du matin, nous nous sommes retrouvés à 4 (comme pour un tour privé, donc plus cher normalement) avec chacun son éléphant (encore plus cher). Bref, nous avons reçu une prestation qui coûte normalement 2 fois le prix que nous avons payé. Bingo ! De plus, l’après-midi, nous sommes allés cueillir du maïs puis couper des tiges de canne à sucre pour nourrir les éléphants. Finalement, nous sommes remontés à pied depuis la rivière avec les éléphants montés par les autres membres du groupe. Alors que notre tour était beaucoup plus axé sur la pratique, celui des autres du groupe était plus axé sur la théorie. C’est comme si nous avions participé à un « Vis ma vie… de mahout ». Super expérience !
Une chose est sure : il vaut mieux avoir un bon équilibre pour monter sur ces pachydermes car quand ils tournent à droite ou à gauche, ce n’est pas vraiment en douceur, c’est même plutôt brusque ; et dans les descentes bien pentues, on espère juste ne pas passer par dessus (car il n’y a rien pour se tenir). Sans parler de l’éléphant de Miss V, le plus rapide et le plus gourmand, qui, en attendant les autres, a décidé d’essayer d’attraper avec sa trompe des feuilles un peu hautes dans un arbre; le tout est de ne pas tomber à la renverse 😉
Arrivés à la rivière, l’éléphant avance lentement jusqu’à ce qu’on soit tout mouillés. Le moment du bain est arrivé. Nous les frottons avec du sable et des cailloux, de vrais massages qu’ils semblaient fortement apprécier.

Mae Teng: Woody Elephant Training

Mae Teng: Woody Elephant Training

Mae Teng: Dumbo a l’air très content des massages prodigués par Miss V et Mister J!
Au final, quel bonheur de passer du temps avec ces éléphants, très bien traités. Ils semblaient contents de nous voir, et s’amusaient à nous balader et à nous mouiller. Les mahouts étaient aussi très sympas, joyeux et facétieux. Une bonne journée donc.

Mae Teng: Woody Elephant Training
Au retour dans le minibus vers Chiang Mai, les autres du groupe abordent un sujet dont nous avons oublié de vous parler : les lady boys. C’est frappant en Thaïlande, beaucoup de garçons se maquillent et s’habillent en fille. Parfois avec plus ou moins de succès. Mister J est persuadé que nous avons eu affaire à des lady boys sans le savoir ; par contre, pour d’autres, il est impossible de se tromper. Nous en croisons partout : vendeurs dans les magasins de produits de beauté, restaurants ou dans la rue. Ils/elles semblent totalement intégrés à la société.